‹ Le dessinChapitre 13 sur 50 · CO · texte numérisé non relu

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(British Muséum, Londres)

La forme ne doit pas , comme le constate Bracquemond , se confondre absolument avec la ligne qui la circonscrit . Elle existe encore en profondeur , daws V espace. C'est la lumière qui donne à chaque plan sa valeur, et ce qui résulte de l'étude attentive des valeurs , cest le modelé. Valeurs, modelé, clair-obscur ne sont que des mots différents pour exprimer V observation des nuances infinies qui vont de la lumière la plus vive à V ombre absolue, et dont le rendu, exact donne à la forme tout son relief et toute sa plénitude. L'étude He la forme implique donc de bonnes définitions de ces différents termes , — définitions essentielles autant que délicates que nous allons demander aux maîtres. Ils nous diront que les valeurs ne sont pas seulement fonction de V éclairage, mais aussi de la couleur propre des objets. Ils nous diront aussi, en termes souvent élevés (voir par exemple ce que nous enseigne Th. Rousseau ), quelle est la haute signification esthétique de ces éléments sans lesquels il n'y a pas d'œuvre d'art vraiment digne de ce nom: les valeurs , le modelé,— en un mot la distribution de la lumière sur le sujet représenté. Pour finir, quelques observations de Watelet sur la distribution de la lumière dans une figure d'étude seront ici tout à fait à leur place.

Léonard de Vinci (1452-1519).

Il est plus difficile d’ombrer une figure que d'en dessiner les contours; modeler demande beaucoup d'étude et de réflexion. On peut dessiner toutes sortes de traits en travers d’un verre plat placé entre l'œil et l'objet. Mais cette invention est inutile à l'égard des ombres, à cause de leur diminution et de l'insen-

sibilité de leurs termes, qui le plus souvent se mêlent, comme je l'ai montré dans mon livre des ombres et des lumières.

Traite de la Peinture. (Trad. Peladan, Delagrave, éditeur.)

R. de Piles (1635-1709).

Le Dessein qui demande tant de tems pour le bien sçavoir, ne consiste presque que dans une habitude de mesures^et de contours que Ton répète souvent : mais le Clair-obscur et Tharmonie des couleurs sont un raisonnement continuel, qui exerce le génie, d’une manière aussi différente que les Tableaux sont composés différemment. Un génie modéré arrive nécessairement à la correction du dessein par sa persévérance dans le travail, et le Clair-obscur demande, outre les règles, une mesure de génie, qui doit être assez grande, pour se partager et pour se répandre (s’il faut ainsi parler) dans toutes les autres parties de la Peinture.

Chacun sçait que bien que les Ouvrages du Titien et de tous les Peintres de son École, n’ayent presque point d’autre mérite que celui du Clair-obscur et du Coloris, ils ne laissent pas d’être payez d’un grand prix, d’être très recherchez et de soutenir dans les cabinets des curieux le mérite des* Tableaux de la première classe.

Cours de Peinture.

R. Mengs (1728-1779).

Toute la beauté du clair-obscur tient à l’art du peintre, pour imiter tous les effets des jours et des ombres tels qu’ils paraissent dans la nature : ce qui donne à son ouvrage la force, la variété, la dégradation et le repos pour la vue, dans les jours comme dans les ombres. Enfin ce clair-ohscur sert encore également à exprimer le caractère d’un morceau gai ou sérieux.

Œuvres (Lettre à M. Ponz).

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