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VIII. — PREMIÈRES OBSERVATIONS DU MAITRE

Les questions d'esthétique générale sont tranchées. L'élève sait à quelles conditions son dessin devra satisfaire pour prétendre à la beauté. Il aura fait devant la bosse lestage qui convient. Elle voilà, un peu ému et fort embarrassé , devant le modèle vivant. Fort heu reusement le maître est là, qui a pitié de son émotion, et qui lui indique à quelle distance du modèle il devra s'installer et dans quel éclairage . L'élève écoutera avec d'autant plus d'attention que le professeur s'appelle Léonard de Vinci. Le vieux maître du début du xve siècle , Cennino Cennini, lui enseignera avec une patiente minutie comme il faut tailler son crayon , prendre ses premières mesures et selon quelle méthode il doit diriger les tâtonnements de son fusain encore hésitant. Sans doute le maître est bien vieux : il n'en est que plus vénérable. Et, depuis 1437, le métier n' est pas tellement changé. Tout au plus le progrès aurait-il substitué à la pointe d'argent , le crayon noir ou peut-être la sanguine dans son portecrayon. Pour satisfaire à cette dernière hypothèse , un maître du xvme siècle, Watelet, enseignera à notre débutant comment il doit tenir son instrument de travail.

Faut-il se servir du compas ? « C'est un excellent moyen pour rectifier les erreurs de l'œil », dit Paillot de Montabert avec raison. Mais cela ne veut pas dire que Michel- Ange ait tort d'assurer que l'artiste expérimenté doit avoir le compas dans l'œil et non dans la main.

Cennino Cennini (1360-1435).

... Aie un stylet d’argent ou de cuivre, ou de n’importe quoi, pourvu que la pointe soit d’argent, fine, polie et belle. Puis

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