X. — FAUT-IL CORRIGER LA NATURE
Jusqu'ici les maîtres illustres se sont trouvés d'accord sur les méthodes à préconiser. Mais voilà oit la discussion va commencer. Faut-il corriger lemodèlef Doit-on le copier tel qu'on le voit t tout sim plement ? ou faut-il, se souvenant de V antique ou de tout autre idéal préconçu, tenter d' améliorer ce que la nature offre à notre observation ? « Mais, répondra Diderot, la nature ne fait rien d'incorrect. » Pourtant la vieille école française enseignait de la corriger. Lar-> gillière et, après lui , Louis David rectifient à ce sujet des principes erronés et invitent l'élève à plus de sincérité. « Soyez d'abord vrai et noble ensuite , dit ce dernier. » Son avis, en cette matière , n'est pas suspect.
Donnait-il constamment à ses élèves un enseignement aussi simple ? On pourrait en douter , en entendant l'un d'eux, Paillut de Montabert nous enseigner une recette pour améliorer la nature. Le vieux professeur mérite plus de crédit quand il nous enseigne à rec -
tifier les erreurs d'optique , plutôt que lorsqu'il nous apprend à corriger les défaillances esthétiques de la nature .