III. — DÉFINITIONS
Le royaume de la couleur et celui du dessin ont-ils donc des frontières si distinctes et dans la pratique ri empiètent-ils pas Vun sur Vautre ? Toute forme a sans aucun doute une couleur et toute couleur une forme. Cependant les deux notions , tout en étant soli daires , ne se confondent pas.
Les éloges et les définitions qui suivent aideront à se faire une idée de ce que doit être un dessin correct, ou tout au moins feront connaître les opinions qui furent enseignées aux différentes époques .
Celle du xvne siècle rions sera exprimée par Molière en termes d'une rare beauté.
Pablo de Cespedes (1538 7-1608).
L'élégance et la réussite gracieuse qui élèvent le dessin jusqu'aux plus hauts sommets, ne pense pas, quelque industrie et quelque soin que tu y mettes, les découvrir ailleurs que dans cette excellente œuvre terrifiante, plus grande que toutes celles qui aient jamais été peintes, que le Buonarotti fit de sa main divine dans le Vatican étrusque.
De la comparaci&n. (Traduction H. Guerlin.)
Francisco Pacheco (1571-1664).
(Le dessin), cette partie principale delà peinture se compose d'autres éléments que nous réduirons à quatre principaux... le premier est la bonne manière \ le second la proportion ou symétrie, le troisième l'anatomie, le quatrième la perspective.
Arte de la Pintura. (Traduction H. Guerlin.)
Molière (1622-1673).
Il1 2 nous dicte amplement les leçons du dessin Dans la manière grecque et dans le goût romain;
Le grancl choix du beau vrai, de la belle nature.
Sur les restes exquis de l’antique sculpture,
Qui prenant d’un sujet la brillante beauté,
En savait séparer la faible vérité,
Et, formant de plusieurs une beauté parfaite, *
Nous corrige par l'art la nature qu’on traite.