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LES DÉRIVÉS DE LA RENAISSANCE

Après cette admirable période de la Renaissance, on ne trouve plus rien de vraiment nouveau; c’es.t toujours l'imitation de l’antiquité romaine et soi-disant grecque qui sert de base à Fart de l’architecture. Néanmoins, les édifices .du temps d'Henri IV avec leurs toits immenses (fig. 195) présentent une certaine originalité ; leur couleur aussi les fait reconnaître aisément, grâce à l’emploi simùltané de la pierre et de la brique pour les murailles et à l'ardoise des toitures réveillée par les briques rouges des cheminées. Le pavillon Henri IV, à Fontainebleau, à Paris la place Royale, aujourd’hui place des Vosges, les maisons qui occupent le terre-plein du Pont-Neuf (fîg. 194), offrent d’intéressants spécimens de ce genre de construction. L’époque de Louis XIII est caractérisée par des édifices lourds peu décorés de sculptures et présentant pour tout ornement les bossages des pierres dont les assises sont marquées par de profondes rainures, »et les tambours alternés saillant et rentrant d’égale hauteur des colonnes, qui les font ressembler à des piles faites de dames empruntées à des jeux de taille différente (voir le palais du Luxembourg). Là le système des ordres superposés est rigoureusement suivi ; en bas l’ordre toscan, au premier étage l’ordre dorique, plus haut l’ordre ionique.

Puis vient le siècle de Louis XIV, siècle d’apparat, de grandeur outrée, de luxe sans frein. Une des plus belles productions de cette époque est sans contredit la colonnade du Louvre; l’ordre corinthien de ces colonnes couplées est admirable de hardiesse et d’élégance, mais cette ligne interminable du sommet, à peine relevée par le fronton central, est bien monotone. Les architectes de ce temps semblent avoir horreur de la silhouette sur le ciel, tout ce qui pourrait faire saillie est soigneusement noyé dans la ligne horizontale.

L’immense et assommant palais de Versailles a voulu être et est bien, en effet, le type de ce style. Tout cela est tellement grand, tellement hors de proportion avec l’homme, que l’on n’en peut saisir l’aspect d’ensemble qu’à une distance telle que tout détail est absolument perdu, et que des blocs de pierre carrés et superposés feraient exactement le même effet. Si l’on s’approche, on

finit par découvrir que ces blocs sont percés de fort belles fenêtres, qu’en dessous de la monotonie des toits, se détachent de majestuenses lucarnes précédées de splendides balustrades que supportent des statues, mais nulle cohésion, nul aspect; on admire des détails, et voilà tout.

Paris possède entre autres un fort beau spécimen de cette époque, c’est

l’hôtel des Invalides ; le dôme est une merveille de hardiesse et d’élégance ; on ne peut rien imaginer en fait de coupole qui soit plus léger, plus grandiose, plus pur de lignes ; mais pourquoi donc ce maudit bâtiment horizontal qui a l’air de lui servir de base, et qui est placé en avant de telle sorte que si l’on s'approche, on finit par ne plus voir le dôme du tout?

Constructions de l'époque de Henri IV.

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