ÉPOQUES DES CROISADES ET DE LA GUERRE DE CENT ANS
Revenons au costume civil. Au xu° siècle, sous l’influence des Normands revenant de l’expédition de Sicile, apparaît la mode barbaresque (fig. 264) ; robe, bonnet, manteau, tout est oriental; l’ajustement se compose du chainse (plus tard la chemise), du bliaud et du manteau.
Nous donnons ici un spécimen de vêtement ecclésiastiaue (fig. 263), mais les
différences qui en caractérisent les époques successives sont tellement légères qu’elles ne trouveraient pas place dans ce livre, où nous ne voùlons donner que des spécimens très tranchés pouvant se graver facilement dans la mémoire. La chape
LE COSTUME
dont-ce moine est couvert était alors un vêt ou femmes, et servait à protéger contre le froid et la pluie. Ce vêtement s’appelait chape à pluie; les méridionaux le nommaient balandras ou balandran.
Le xiv° siècle voit s’accomplir une révolution radicale dans le costume. Dans l’année 1340, l’habillement inauguré sous Philippe-Auguste disparaît sans motif visible; le vêtement court et collant se substitue aux vêtements longs (fig. 247). Ce changement de mode a lieu simultanément en Italie, en France et en Angleterre.
Les chausses sont visibles dans presque toute leur longueur, et une étroite jaquette rembourrée recouvre le corps ; en même temps la coiffure prend une ampleur démesurée. On a d'immenses chaperons dont la cornette descend quelquefois jusque sur les reins et même plus bas. Le drap commence à être remplacé par le velours et la
ornent adopté parles laïques, hommes
fig. 265.
fig. 266.
place par des fils d’archal, et
=>oie que l’on faisait venir alors de Florence, de Venise, etc., etc.
au siecle suivant on revint aux vêtements longs. Une immense houppelande tailladée à sa partie inférieure (fig. 246), tailladée le long de ses manches démesurées, tombait jusqu’aux pieds et traînait à icrre. Les femmes se vêtirent du surcot, a manches énormes également (fig. 266).
Flics portaient aussi la houppelande. Leurs coiffures affectaient les formes les plus bizarres; d’un auvent comme celle que nous donnons ici, de cornes, de rouleaux s’étendant à l’excès de chaque côté de la tête; puis vint le fameux hennin (fig. 263), qui souleva d’abord un cri de réprobation, s’installa pourtant, et caractérise d’une façon si nette le milieu du xve siècle.
Cette coiffure excentrique se composait de pièces de linon empesé, maintenues en recouvrant une coiffe en forme de bonnet
persan. Les cheveux étaient fortement tirés en arrière, et autant que possible dissimulés ; — l’idéal était de montrer un front parfaitement découvert et lisse émergeant de la coiffure. Dans le même moment les femmes s’habillaient d’une robe collante aux manches et au corsage, ouverte en pointe en avant avec revers rabattus ; une large ceinture placée sous les seins se bouclait par derrière ; les chaussures, comme la coiffure, s’allongent démesurément et se terminent en une pointe appelée poulaine, quelquefois relevée et maintenue en l’air au moyen de baleines.
Enfin, pour achever de caractériser la tenue des femmes à cette époque, nous dirons que la fourrure est en grand honneur. On en double les robes, on en fait des garnitures, on imagine de rehausser la blancheur de l’hermine en disposant régulièrement à la surface la petite houppe noire qui termine la queue de l’animal.