CARRÉ PERSPECTIF
Carré perspectif
CsxPPé perspectif
Avant d’aborder le dessin à vue d’objets usuels, il est indispensable de donner préalablement aux élèves, et d’une façon expérimentale, les premières notions de perspective d'observation ; dans ce but, on a ordinairement recours à un carré de fil de fer divisé par ses médianes et ses diagonales, et complété en outre par son cercle inscrit.
Dans les écoles de garçons pourvues d’un atelier de travail manuel, il est facile de confectionner le « carré perspectif » dont il s’agit; dans quelques écoles normales d’instituteurs, on a même construit, pour l’école normale d’institutrices, un second exemplaire du petit appareil. Partout, l’emploi du « carré perspectif » donne des résultats satisfaisants : « Les notions de perspective à vue sont mises en évidence et rapidement comprises par la majorité des élèves; il en résulte, affirme-t-on unanimement, une grande simplification dans les démonstrations et, par suite, uije notable économie de temps ».
Tous les maîtres chargés d’enseigner le dessin ne pouvant pas compter sur l’atelier scolaire pour leur fournir un « carré perspectif », j’ai cherché — et trouvé — un constructeur consentant à l’établir très simplement et à un prix modique.
L’appareil se compose essentiellement :
i° D'un carré de 50 centimètres de côté, démontable en quatre parties identiques ;
20 D’un pied servant de support et permettant de faire tourner le carré autour de deux axes perpendiculaires entre eux.
La figure 1 représente l’agencement du système : le côté horizontal inférieur BD du c.arré traverse la tête du support S ou il peut être fixé par une vis V ; le support S glisse verticalement dans le pied P et peut aussi être fixé, à diverses hauteurs, par une seconde vis V'. Deux fils élastiques ef et gh permettent de figurer les médianes du carré ; deux autres, AD et BC, les diagonales.
Pour simplifier l’emballage, on a supprimé le cercle inscrit; on l’exécutera facilement au moyen d’un fil de fer bien dressé , sans bosselure, de 156 centimètres de longueur et de 1 à 2 millimètres de diamètre ; le milieu de ce fil I
de fer sera fixé en e au moyen de l’une des pinces à ressort jointes à l’envoi, puis les deux extrémités seront ramenées régulièrement en f et introduites dans deux petites encoches pratiquées au-dessus du tube tu. Au besoin, deux autres pinces fixeront en outre le cercle aux points g et li.
On peut aussi figurer le cercle, les médianes et les diagonales sur une feuille tendue entre les côtés du carré, comme l’indique \a figure 4.
Le carré perspectif sera d’abord dessiné de front, son centre se confondant avec le point principal, c’est-à-dire sans déformation ; on lui donnera ensuite successivement les positions représentées par la figure 2, et l’on aura soin de bien faire comprendre la nature des déformations pour chaque cas : c’est ici surtout que le « carré perspectif » rendra service ainsi qu’on va pouvoir en juger par l’exemple donné ci-après.
Mais il est nécessaire d’indiquer, au préalable, la manière d’agencer les pièces de l’appareil pour lui donner une stabilité suffisante.
Deux vis à violon fixées sur le support, permettent, l’une Y" de maintenir un écartement convenable des trois pieds, l’autre V' de rendre immobile, à une hauteur voulue, la tige verticale qui porte le carré.
Pour monter celui-ci, on introduit l’une des quatre tiges coudées dans le petit tube horizontal tu ( fig. 1) de manière que la vis V puisse serrer, en son milieu, le côté horizontal inférieur du carré. En ajustant les trois autres côtés du carré, on s’assurera : i° que l’extrémité de chaque tringle est enfoncée à fond dans le tube coudé de la suivante; 20 que les quatre côtés sont bien dans un même plan vertical. Une visée sur un montant de porte ou de fenêtre permettra de donner une verticalité parfaite aux deux côtés AB et CD.
La vis V étant serrée, le cadre présentera une stabilité suffisante ; pour la rendre parfaite, il suffira de placer le cinquième fil de fer (non coudé et portant une petite encoche demi-circulaire à une extrémité) dans la position de la médiane verticale ef. A cet effet, on introduit le bout sans encoche dans le petit tube vertical perpendiculaire à tu, et on adapte l’encoche en e.
La disposition précédente convient pour quatre des cas représentés dans la figure 2 ; pour les deux autres (5 et 6), le carré est situé dans un plan horizontal; or, la vis V ne peut donner une pression suffisante pour maintenir horizontalement un levier de 50 centimètres de long. La figure 3 représente le dispositif à réaliser dans ce cas ; la médiane formée par le
Carré perspectif
cinquième fil de fer ef {fig. i) restant en place, on passe, dans le petit Lrou r de la partie aplatie, un gros fil ou une petite ficelle que l’on rattache au cadre vers le point e. Selon la longueur du fil que l’on arrête par un nœud, le cadre sera horizontal ou oblique à une inclinaison voulue. La nouvelle médiane ef[fig. 3) est représentée par un élastique fixé d’une part, en e sur le cadre, et d’autre part en f, à un petit crochet soudé sur le tube tu {fig. 1).
Voici un troisième agencement des pièces du cadre perspectif; il est particulièrement adapté au cas de déformation qui va être choisi comme exemple de démonstration. La tige horizontale inférieure du cadre [fig. 4) n’est pas pressée par la vis V en son milieu, mais bien à l’une de ses extrémités; cette disposition est nécessaire, parce que le côté vertical AB va devenir un axe autour duquel tournera une feuille de carton carte, ou de papier épais, de même dimension que le cadre. Le poids de cette sorte de volet ouvert déformerait le carré perspectif dans le cas de la première disposition [fig. 1); aussi convient-il de prendre pour principal point d’appui, le pied même de l’appareil.
La feuille de carton faisant volet sera choisie aussi légère et aussi rigide que possible ; ses dimensions seront celles d’un carré de 50 centimètres de côté et l'on y dessinera préalablement, en traits noirs d’environ 2 millimètres, les côtés du carré, les médianes, les diagonales et le cercle inscrit. Deux ou trois pinces à ressort constitueront les charnières p , p ' permettant la rotation autour de AB.
Placé ainsi en porte-à-faux, le cadre ABCD tend à devenir losange; on rectifiera la forme, tout en redonnant une stabilité suffisante à l’ensemble, par l’emploi du cinquième fil de fer (médiane ef de la figure 1) placé en arcboutant, comme l'indique la figure 4. Deux bouchons b et b' traversés l’un par la tige verticale du support, l’autre par BD serviront à assujettir cette contre-fiche.
Comme application, examinons le cas de la déformation perspective du carré vertical, vu de front d’abord, et que l’on ferait tourner, autour de l’un de ses côtés verticaux, jusqu’à ce qu’il soit vu de profil; c’est l’une des positions intermédiaires que représente la figure 4.
L’appareil est placé de front devant les élèves, de façon que le côté horizontal BD se confonde avec la ligne d’horizon; le carré de papier s'applique sur le carré de fil de fer, les médianes et les diagonales coïncident. On fait alors tourner le carré de papier comme si l’on entr’ouvrait le volet qu’il représente, puis l’on
fait successivementles constatations suivantes :
i° Le côté AB du carré ne change pas ;
20 Son parallèle CD devenu C'D' se raccourcit par le haut, mais demeure vertical ;
30 BD devenu BD' reste horizontal en se raccourcissant de droite à gauche ;
40 AC devenu AC' se raccourcit également, mais en s’inclinant vers la droite ;
50 L’inclinaison se détermine, sans point de CF
fuite , en évaluant le rapport ;
6° Le carré apparaît sous la forme d’un trapèze ABC'D' ;
7° Le point de rencontre des diagonales et des médianes n’est plus également distant des côtés verticaux;
8° Le cercle est devenu une ellipse dont le petit axe est bien gh', mais dont le grand axe n’est pas e'f , le point O' n’étant pas le milieu de gh'..., etc., etc.
On pourra renouveler des observations du même genre pour le cas où AC, où gh , se confondrait avec la ligne d’horizon, et ensuite pour chacune des positions principales ( fig 2) à donner à l’appareil.
L’exemple qui vient d’être choisi suffira pour montrer aux maîtres les usages du carré perspectif.
L’emploi simultané de deux appareils permet d’étudier de même façon expérimentale, et commodément, les déformations de deux faces adjacentes quelconques du cube. René Leblanc.