APPLICATIONS. — EXÉCUTION. — LAVIS
Nous ne nous étendrons pas davantage sur la perspective et le tracé des ombres. C’est par des applications nombreuses des principes que nous venons d’indiquer que l’élève se rompra à la pratique de ces opérations souvent très compliquées et troublantes. En dehors des exemples que nous donnons, qu’il se pose à lui-même des problèmes, simples d’abord, puis de plus en plus compliqués. Qu’il choisisse, par exemple, un meuble.
11 en fera d’abord le plan à une échelle rigoureusement exacte en en relevant avec soin toutes les parties au moyen du mètre, puis l’élévation, à la même échelle et avec le même soin. Il déterminera la hauteur à laquelle il veut se placer pour voir ce meuble et cela lui donnera l’horizon ; il se placera en face, ou à droite, ou à gauche pour avoir le point de vue; il déterminera la place où il suppose l’écran placé, il mesurera l’éloignement où il veut être de cet écran et il aura ainsi le point de distance.
Ces dispositions prises, il fera la vue perspective de son meuble. Ce dessin fait et passé à l’encre de Chine, il effacera avec soin tous les traits de crayon qui auront servi à l’opération. Ensuite il déterminera la direction d’un rayon lumineux, selon l’un des quatre cas précédemment étudiés : 1° parallèle au tableau ; 2° venant du fond du tableau; 3° fuyant vers le fond du tableau; 4° venant d’une lumière artificielle, bougie, lampe, etc., etc. Sur son dessin en perspective, il fera les opérations nécessaires pour obtenir le tracé des ombres. Il passera ses ombres à l’encre en traits beaucoup plus fins que le dessin lui-même, pour qu’il n’y ait pas de confusion possible.
Il effacera à nouveau les traits de crayon, puis avec un pinceau chargé d’encre de Chine étendue d’eau, il teintera toutes les parties ombrées. Pour qu’une teinte se fasse bien et sans taches, on commence par aborder le haut avec un pinceau légèrement humecté de teinte, puis aussitôt on en ajoute afin qu’il se forme une goutte sur le papier : on a soin de tenir son dessin un peu incliné, et l’on fait descendre graduellement cette goutte jusqu’en bas en remettant de la teinte de temps en temps si la surface estgrande. Arrivé au bas et la goutte amenée jusqu'à un millimètre du contour inférieur, on vide son pinceau et, en le posant délicatement sur la goutte, celle-ci monte dans le pinceau par l’effet de la capillarité. P n’y a plus qu’à remplir le millimètre laissé en bas en ayant soin de ne pas dépasser et en se servant de la teinte déjà appliquée, car si on en ajoute de nouvelle on fera infailliblement des taches.
Quand l’élève aura fait ce travail sur tous les meubles qu’il a à sa disposition,
qu’il aura, pour terminer, fait l’ensemble de sa chambre, alors il saura la perspective et le tracé des ombres.
Et il ne faut pas croire que parce que l’on sait la perspective on ne doit plus faire un pas sans sa règle et son compas et que l’on doit faire des opérations pour toutes choses ; loin de là ; mais cette connaissance approfondie des lois de l’optique vous permettra d’indiquer tout de suite les choses dans leur direction normale, et vous épargnera les fautes grossières que peut commettre, malgré toute sa sincérité et son soin, celui qui ne sait pas la perspective. En un mot vous dessinerez tout naturellement, de même que celui qui écrit applique les lois de la grammaire et met l’orthographe sans être obligé d’y penser et d’analyser chacune de ses phrases.
Problème à résoudre par l’élève en attendant la solution qui sera donnée dans une prochaine livraison.
13. Déterminer l’ombre d’un carré de carton suspendu au plafond par un fil et éclairé par une bougie placée plus bas.