PREMIÈRES NOTIONS
Quand il aura atteint cet âge, nous l’installerons devant un modèle des plus simples et nous le lui ferons copier, en appelant d’abord son attention sur la silhouette, c’est-à-dire le découpage extérieur de la forme.
Comment juger des contours d’une silhouette? par comparaison. Comparez les différents contours entre eux et avec une ligne fixe invariable. — Naguère, dans notre Méthode 'pour dessiner , nous avons insisté sur l’emploi constant du fil à plomb. Nous ne saurions trop y revenir. Le fil à plomb vous donne la verticale, c’est-à-dire la seule ligne qui ne subisse pas de changement de direction de quelque côté qu’on la regarde (du moment que la tête reste droite). Comparez à cette direction fixe les différentes lignes que vous avez à juger, et tâchez de copier le rapport que vous constatez entre ces lignes et votre verticale.
Pour ces premières études, tout est bon, les modèles les plus simples seront les meilleurs. Si vous avez des solides géométriques à votre disposition, cube, parallélépipède, prisme, pyramide, cylindre, cône, etc., etc., exercez-vous à les dessiner dans toutes les positions en vous appliquant à y remarquer et à y comprendre les déformations apportées par l’éloignement. Si vous n’avez pas de
solides géométriques, choisissez leurs équivalents par les ustensiles de ménage qui vous entourent. Une boîte carrée (fig. 3) est un parallélépipède — elle peut quelquefois être un cube. Un verre à boire, un bout de tuyau de poêle, etc., voilà des
PREMIERS EXERCICES
cylindres. L’abat-jour de la lampe est un cône plus ou moins tronqué. Une bille de billard, un ballon sont des sphères. En général, gardez-vous de croire qu’il faille absolument tel ou tel objet pour apprendre à dessiner.
Dans les écoles publiques, où l’on a peu d’objets usuels pouvant servir de modèles, on met des solides géométriques sous les yeux des commençants.
Mais chez soi, on n’est pas organisé de la même façon; en revanche on a des objets usuels à volonté ; que l’on se serve de ce qu’on a sous la main, c’est le- mieux.
L’Horizon. — La première chose à faire avant de commencer quoi que ce soit, c’est de s’inquiéter de la hauteur de l’horizon par rapport à l’objet que l’on veut dessiner. Pour cela, le fil à plomb va encore venir à notre secours : on le tient à deux mains en l’éloignant légèrement, et l’on voit si ce fil au niveau des yeux passe au travers de l’objet à dessiner, ou s’il est plus haut ou plus bas. Il est clair que la forme de l’objet sera sensiblement modifiée dans chacun de ces trois cas.
Si le fil passe au travers du modèle, vous ne verrez ni le dessus ni le dessous de ce modèle ; le fil est-il placé plus bas ? vous verrez le dessous ; plus haut ? vous verrez le dessus. Pour ce qui est exactement à la hauteur de nos yeux, vous le verrez toujours en ligne horizontale et coïncidant exactement avec l’horizon. En effet, l’horizon est toujours à la hauteur de nos yeux ; on peut s’en convaincre
facilement : vous êtes par exemple dans la campagne, le pays est découvert, et si vous vous tenez droit, vous apercevez la ligne de l’horizon au-dessus des buissons qui bordent la route (fig. 5) ; les arbres et les maisons dépassent cette ligne d horizon. Mais baissez-vous, couchez-vous, et les buissons vont vous cacher l’horizon (fig. 6); inversement, montez sur une colline, l’horizon montera avec vous et arrivera à dépasser le dessus des maisons et des arbres (fig, 7).
Il importe de vous convaincre que cet effet perspectif se produit aussi bien sur le modèle que vous posez sur votre table que sur une maison et des arbres situés dans une plaine qui s’étend à plusieurs kilomètres (fig. 7).
La hauteur de l’horizon constatée par rapport à votre modèle, comparez les lignes de ce modèle avec l’horizontale et avec la verticale. Tracez dans le milieu de votre papier une petite ligne très fine et parallèle au bord du papier pour
représenter la direction verticale, puis cherchez la place des angles de votre modèle. Notez ces places par de petits points que vous réunissez ensuite par des
lignes ; que tout cela soit fait très légèrement, car il faut éviter d’avoir à effacer, la gomme élastique use et arrache le papier, la mie de pain le graisse, et, quand on a abusé de l’un ou de l’autre en commençant, le crayon ne marque plus ou marque irrégulièrement, et l’on ne peut plus travailler*