‹ Le dessin pratique pour tousChapitre 51 sur 207 · LA FIGURE HUMAINE · texte numérisé non relu

LA FIGURE HUMAINE

deux lignes, indiquez la direction de chacune de ces parties. Comparez la largeur des handhes et des épaulés entre 'elles et à J a hauteur déjà connue 4 e la lôte. Voyez si les deux épaules <ét les deux hanches sont ‘placées rigoureusement à même distance 4e la verticale passant par te creux

interne de la jambe qui porte, et notez les différences, s’il y en a. Réunissez'ces quelques pui: ils par •deslignesdroitesindiquant la direction. De mêmepour la place des genoux et des pieds, des coudes et des mains; voyez le mouvement de la tôle, quelle plaoe elle occupe sur les épaules et quelle inclinaison prend son ovale; tout de suite la ligne des yeux, celle du nez et celle de la bouche.

Voilà votre académie, non pas .de sinée, mais mise en place et indiquée dans ses grandes lignes et dans son mouvement. Indiquez la place des pectoraux, la ligne plus ou moins sinueuse qui marque le milieu du torse, le nombril qui se trouve au bas de cette ligne, et les plis des aines; cherchezlagrosscur des bras, des jambes, quine sont encore notés que par les lignes qui marquent

leur direction. Comparez ces largeurs à la largeur du torse ou de la tête ; comparez les différentes longueurs des membres, bras, avant-bras, cuisses, jambes, à la hauteur de la tête. Ayez soin de considérer les deux contours en même temps.

Pour l’ensemble, nous avons constaté qu’un des deux contours se présentait en ligne droite allongée, tandis que l’autre s’accentuait en une ligne sinueuse. Nous avons déterminé la cause de cette disposition, qui tient à une question d’équilibre de la charpente du corps. Vous retrouverez une cadence analogue dans les bras, dans les jambes; toujours un contour simple est en opposition avec un contour sinueux et accentué. Cela tient à ce que les masses musculaires qui se gonflent pour produire un mouvement donnent du relief au contour, et que, dans le même moment, les muscles placés au côté opposé, et qui sont destinés à produire le mouvement inverse, sont au repos et ne font pas de saillie sur le contour. Il résulte de là une alternance de lignes droites et de lignes courbes, de lignes fermes et de lignes molles qui sont un des éléments de la beauté du dessin. Cette alternance bien observée plaît à l’œil, que rebuteraient et fatigueraient l’égalité des contours et la similitude des lignes, et surtout elle satisfait la raison par la logique qu’elle donne au dessin.

On sent qüe la forme répond au but, et affirme la fonction. C’est ainsi, et pas autrement, que cela doit être pour « Être », pour agir. Or, quand devant un objet il arrive que l’œil est charmé et que la raison approuve, l’objet est une œuvre d’art. Et nous trouverons cette loi dans toutes les branches de l’art, parce que l’art est un et qu’il se manifeste à notre entendement par les mêmes moyens, qu’il s’applique à un paysage, à un être vivant, à un objet mobilier ou à un monument.

Nous verrons par la suite que si le meuble montre du premier coup l’usage auquel il est destiné, si toutes ses parties s’appliquent logiquement à cet usage ; que si le monument fait comprendre par sa forme extérieure ce qui se fait dans ses murs ; si ses colonnes, si ses piliers supportent bien, sans qu’il soit possible de les supprimer sous peine de tout détruire, les parties où sont appliqués ces piliers et ces colonnes, les lignes de ce meuble, les lignes de ce monument auront grand’chance d’être belles et agréables à l’œil, et le monument, le meuble s’élèveront au niveau d’œuvre d’art.

Appliquant cette grande loi à la figure humaine, vous vous efforcerez, dans vos académies, de faire vrai dans le sens le plus large du mot, c’est-à-dire, bien construit. Les figures drapées sont une excellente étude, à ce point de vue. Elles forcent, plus encore que le nu, à construire. Car, si l’on ne fait pas sentir la charpente sous les plis, on n’a produit qu’un paquet de chiffons. L’antiquité et le moyen âge vous offrent d’admirables modèles de figures drapées. — Notre gravure 120 représente une statue du xve siècle tirée de l’église de Brou.

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