AUTRES MODÈLES
Quand vous vous êtes exercé à exprimer ainsi votre cube ou tout autre objet de forme analogue, dans toutes les positions, prenez un autre modèle, — une pyramide (fig. 13, 14 et 16) par exemple ; — refaites sur cette forme nouvelle les expériences que nous avons décrites précédemment; vous remarquerez dans
une pyramide à base carrée et à axe vertical, c’est-à-dire dont le sommet est placé perpendiculairement au-dessus du milieu de la base, que de quelque côté que vous regardiez cette pyramide, du moment qu’elle sera placée d’aplomb, elle vous présentera une silhouette symétrique : que les deux lignes extrêmes à droite et à gauche de la silhouette seront absolument au même écartement
PREMIERS EXERCICES
par rapport à l’axe. Notez ce fait, assurez-vous-en par vous-même devant la nature au moyen du fil à plomb et rappelez- vous -le à l’occasion, si vous avez à
dessiner un tabouret plus large en bas qu'en haut, ou bien, en voyage, un clocher ou tout autre objet de forme pyramidale. Faites-vous un bagage de connaissances et augmentez-le de jour en jour, votre travail y gagnera comme rapidité.
La sincérité et l'application peuvent, à elles toutes seules, faire faire de bonnes
choses à un commençant : — si, par dessiner, qu’il compare chacune tion du fil à plomb, et il parviendra de son modèle ; mais si, à cette joint l’acquis, d’un seul coup pyramidal et du même direction qu’il doit don- C’est la différence de faite couramment. Nous à revenir sur cette pour bien voir ; aussi allons-nous faire entrel’ékude de la perspeet invariables l’aide-
exemple, il a un clocher (fig. 18) à des lignes de ce clocher à la direcà faire une représentation exacte sincérité et à cette application, il d’œil, il verra que le clocher est coup il en conclura la ner à toutes ses lignes, l’épellation à la lecture aurons plus d’une fois nécessité de savoir très prochainement , prendre à notre élève - Live, dont les lois fixes ront puissamment dans
son travail, lui feront saisir rapidement les ensembles les plus compliqués, et
donneront à ces productions cette sûreté et cette logique sans lesquelles iln’estpas de vraiment bon dessin. Plus tard, lorsque nous aborderons l’étude de la figure
humaine ou des bêtes, nous demanderons à l’anatomie d’éclairer notre route et de nous faire connaître la raison des formes qui frapperont nos yeux.
Vous voyez que nous ne sommes pas au bout de... notre plaisir. Quoi de plus intéressant en effet que cette étude du dessin qui nous fait pénétrer au fond des choses et nous permet d’en faire la description bien autrement précise que par la parole ou l’écriture ? Un pareil but doit rendre aisés les travaux les plus ardus, les plus pénibles, et nous en rencontrerons de tels, soyons-en bien persuadés. Aplanissons-les autant que possible en profig. 19. cédant avec méthode et en allant
toujours du simple au composé.
Vous venez de voir les cubes, les parallélépipèdes, les pyramides ; voyez maintenant les formes arrondies : un cylindre géométrique (fïg. 20, 21 et 22) ou ses équivalents : tels qu’un verre à boire, un bout de tuyau de poêle, un
carton à manchon, etc. Etudiez la forme que prend 1 extrémité circulaire de ces objets selon la hauteur où vous les placez pour les dessiner. Un cylindre en verre tel qu’un verre à boire, par exemple, aura cela de bon que sa transparence vous permettra de voir les contours qui, dans un objet opaque, seraient cachés dans certains cas. Mettez votre modèle au niveau de vos yeux, puis plus bas, puis plus haut. Au niveau de vos yeux, le cercle ne forme plus qu’une ligne droite,
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le plan se présentant horizontalement et ses deux contours se projetant immédiatement l'un sur l'autre ; mais à mesure que vous l’abaisserez vous verrez sa
forme s’élargir en profondeur, vous présentant la figure d’une ellipse qui deviendra de plus en plus grande à mesure que l’objet s’abaissera. Inversement, si vous l’élevez au-dessus de vos yeux, le contour le plus éloigné sera plus bas que
le contour le plus rapproché et ne sera visible qu’à la condition que votre modèle soit transparent; dans un cylindre opaque ce contour sera caché par la masse même du cylindre.
Après le cylindre, le cône, le pain de sucre, l’abat-jour de la lampe; la sphère aussi qui se présente toujours sous la forme d’un cercle, de quelque côté qu’on la regarde, mais à laquelle il n’est pas très aisé de donner de l’épaisseur au moyen des ombres dégradées; puis, quand l'élève s’est exercé suffisamment à représenter
les formes les plus simples, qu’il aborde des objets de silhouette plus compliquée, où le détail vienne ajouter sa difficulté aux autres difficultés déjà surmontées.
Autant que possible ramenez, pour faire votre esquisse, les formes quelles qu'elles soient à la forme la plus simple. Ainsi voici une lampe (fig. 26) d’un
contour passablement compliqué, vous pouvez la ramener à la forme d’un cône tronqué.
Cette chaise (fig. 27) est un cube. Sans tomber dans /'exagération qui con-
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sisterait à dessiner complètement un cône avant de faire la lampe, ou un cube avant de faire la chaise, faites votre esquisse aussi simplement que vous pourrez, par des lignes toutes droites indiquant uniquement la grandeur et la direction des différentes parties de l’objet que vous avez à dessiner. Une fois ces grandes lignes en place et rectifiées, il ne sera plus très difficile de placer dedans les contours variés et plus ou moins arrondis du modèle.
Remarquez en passant que toutes les lignes de cette chaise sont dans une position plus ou moins oblique. — Les lignes du siège, les lignes des barreaux. — C’est parce que vous n’êtes de face à aucun côté, et que, en dehors des lignes situées à la hauteur de vos yeux, c’est-à-dire à l’horizon, vous ne voyez en ligne horizontale que les objets situés de face à vous, parallèlement à la ligne de vos yeux. Pour les pieds de devant, étant verticaux, ils restent verticaux dans toutes les positions. (Voir Méthode pour dessiner , pages 8 et 9.)