MODÈLES PRIS DANS LA NATURE
Sitôt que vous vous tirerez passablement d’un objet isolé, groupez-en plusieurs ensemble et essayez-vous à rendre leurs rapports de forme, de distance et de taille.
Vous ferez deux sortes d'études. Soit des croquis où vous indiquerez simplement le contour avec la place des ombres, mais sans teinte, sans fond, sans coloration ; soit des dessins dans lesquels vous vous appliquerez à rendre votre modèle aussi complètement que vous le pourrez. Pour cela il faudra observer les valeurs, c'est-à-dire la nuance plus ou moins foncée qui distingue chaque partie de l’objet à dessiner ; d’abord l’objet est-il plus ou moins éclairé que le fond sur
lequel il se détache ? Puis, dans l’objet lui-même, quel rapport y a-t-il entre les parties éclairées et les parties ombrées ? Exprimez le plus exactement possible la chose vue sans vous inquiéter autrement de la façon dont vous vous y prendrez. Frottez votre crayon n’importe comment, pourvu que vous arriviez à produire le ton que vous avez sous les yeux dans son rapport avec les tons voisins.
PREMIERS EXERCICES
Evitez les gros traits, le trait n’existe pas et les objets ne se détachent que par les différences de valeur qu’ils représentent les uns par rapport aux autres.
Les végétaux vous fournissent une abondante vaidété de modèles ; dessinez des feuilles, d’abord isolées, puis deux ou trois ensemble sur un bout de branche,
puis petit à petit des branches entières, en vous appliquant à saisir la tournure particulière à chaque arbre, à chaque plante, ce qui fait son caractère. Que de motifs charmants à tirer du l’ègne végétal !
On y a de tout temps, dans les arts, fait de nombreux emprunts, mais com-
bien il y a encore à trouver de nouveau tant la mine est inépuisable ! Partez à votre tour à la découverte, dessinez, dessinez sans cesse, embrassez dans de grandes massés la forme générale des plan tes, dessinez aussi des arbres dépouillés de feuilles pour en étudier la structurent comme le squelette; d’autres fois, appliquez-vous à rendre les détails les plus minimes, un bourgeon, une graine ; rien
n’est indifférent, tout est utile, la vie est courte, et vous n’en saurez jamais assez. Songez que Michel-Ange, qui vécut très vieux, dans les dernières années de sa
vie apprenait de nouveau l’anatomie, déclarant qu il ignorait encore bien des choses.