‹ Le dessin pratique pour tousChapitre 74 sur 207 · DETAILS · texte numérisé non relu

DETAILS

Etudiez votre écorché sur ces premières données, faites-en de nombreux dessins sous toutes les faces, puis retournant au modèle vivant, exercez-vous à reconnaître, dans les attitudes diverses du corps, les muscles dont vous venez de voir la forme immobilisée sur le plâtre. Pendant les repos du modèle, ou seulement quand il fait un petit mouvement, constatez toutes les variations que subit le modelé du corps. La respiration ne laisse pas un instant en place le dessin de la partie antérieure du thorax. A chaque inspiration, autrement dit quand le modèle prend son vent, vous voyez une sorte d’arcade qui s’accentue au-dessous du sternum. Elle est formée par le cartilage commun des fausses côtes, que l’air, en arrivant dans les poumons, force à s’écarter et fait saillir sous la peau. A chaque expiration au contraire, cette ligne courbe des cartilages tend à s’effacer, et l’on voit alors certaines divisions horizontales s’accentuer entre le sternum et l’abdomen. Ces divisions sont formées par des interruptions aponévrotiques, que présente dans sa longueur le muscle droit de l’abdomen. Les deux droits de l’abdomen sont séparés également dans toute leur hauteur par un raphé (du grec raptèin, coudre), appelé ligne blanche, et qui estle résultat de l’entre-croisement des fibres aponévrotiques des grands obliques de chaque côté. Les fibres musculaires du grand droit se gonflent entre ces parties inextensibles auxquelles adhère la peau, et déterminent les plis qui donnent un caractère si particulier au torse. A fa partie inférieure de l’abdomen, un petit muscle en pointe se nomme le pyramidal. Il est peu important au point de vue du modelé.

Les mouvements du bras font subir de grandes modifications à la forme du pectoral; les fibres de ce muscle partant, comme vous vous le rappelez, de trois points différents, la clavicule, le rnum, la sixième côte, forment une sorte de toron en s’approchant du bras, les fibres venues de la clavicule passant au-dessus celles qui viennent de la côte restant au-dessous, et cette disposition se distingue parfaitement dans certains mouvements du bras. Il en est de même pour le deltoïde, dont les fibres partent du tiers externe de la clavicule, de l’acromion et de tout le bord de l’épine scapulaire de l’omoplate, pour se réunir à l’humérus.

Grâce à cette disposition, ce muscle peut faire accomplir au bras tout le demicercle supérieur, et en suivant cette action, on voit les différentes fibres du deltoïde se gonfler et s’abaisser successivement en déterminant en creux les parties osseuses où s’attachent ces fibres.

Le mouvement circulaire du bras est complété par le pectoral pour la partie antérieure et, pour la partie postérieure, par le grand dorsal, ainsi que par les muscles de l’omoplate dont nous avons encore à parler.

L’omoplate est garnie de trois muscles qui se voient sous la peau : le sous-épineux, placé immédiatement au-dessous de l’épine scapulaire, le petit rond plus bas ; ces deux muscles plongent sous le deltoïde et vont s’attacher près de la tête de l’humérus. Plus has encore et occupant tout l’angle inférieur de l’omoplate, on trouve le grand rond dont les fibres se réunissent à celles du grand dorsal pour aller s’attacher avec lui au fond de la coulisse bicipitale de l’humérus, en passant au-dessous de la longue portion du triceps. Quand le bras est élevé, que par conséquent l’omoplate s’écarte de la colonne vertébrale, on voit encore dans le triangle formé par le bord spinal de l’omoplate, le trapèze et le grand dorsal, un muscle appelé le rhomboïde, qui s’attache à ce bord spinal de l’os et disparaît sous le trapèze pour aller se fixer aux vertèbres cervicales. Ce muscle ramène l’omoplate en arrière et la fixe dans certains mouvements du bras.

Pour terminer la région dorsale, nous ferons Remarquer à l’élève, au niveau de la vertèbre cervicale proéminente, une dépression aponévrotique en.forme de losange, et une autre au bas du trapèze. Ce sont des points inextensibles, auxquels adhère la peau, et qui, dans les différents mouvements des muscles, forment des enfoncements immobiles. La peau adhère également à l’épine scapulaire de l’omoplate ainsi qu’aux apophyses épineuses des vertèbres, de sorte que ces apophyses, bordées des puissants muscles lombaires qui sont placés sous le grand dorsal, ne se révèlent que par la gouttière souvent très profonde qui marque le milieu du dos (fig. 145).

De l’espace compris entre les fibres du grand rond et du grand dorsal et celles du petit rond, sort la longue portion du triceps qui s’insère au bord de la cavité glénoïde de l’omoplate; les deux autres portions de ce muscle s’attachent à l’humérus, et toutes les trois réunies vont, par unlarge tendon qui commence un peu au-dessous de la moitié de la longueur de l’humérus, s’attacher à l’apophyse olécrane du cubitus. Remarquez la force qui résulte pour ce muscle d’une insertion en dehors de l’humérus pour tirer sur une apophyse de l’os suivant. Même disposition pour son antagoniste, le biceps, dont la longue portion part de l’apophyse coracoïde, se réunit à la courte portion qui vient de la tête de l’humérus, et va prendre le radius à sa partie interne, à une saillie placée en dessous de sa tête et que l’on nomme la tubérosité bicipitale. Le brachial antérieur se vpit au côté externe de l’humérus, passe sous le biceps, se montre de nouveau du côté interne au-dessus de la saignée, et va s’attacher au cubitus. .

Une grande partie des muscles de l’avant-bras prend son point d’appui sur

l’avant-bras

A, Epitrochlée, lî, Tête du cubitus.

C, Tendon du biceps.

L, Brachial antérieur.

E, Triceps brachial.

F, Olécrane.

G, Epicondyle.

1, Long supinateur.

2, Grand palmaire.

3, Petit palmaire.

A, ltond pronateur.

5, Cubital antérieur.

6, Court extenseur et long abducteur du pouce.

7, Eminence thénar.

8, Saillie hypothénar.

9, Ligament annulaire.

10, Tendon du fléchisseur superficiel.

11, Premier radial externe.

12, Deuxième radial externe.

13, Extenseur commun superficiel des doigts.

14, Extenseur propre du petit doigt.

15, Cubital postérieur.

16, Tendons du fléchisseur profond.

MYOLOGIE

l’épitrochlée et sur l’épicondyle qui font saillie l’une en dedans, l’autre on dehors sur les os de l’avant-bras (fig. 152). De l’épitrochlée partent quatre muscles superficiels de la face antérieure de l’avant-bras, le rond pronateur qui va s’attacher au radius et produit la pronation; le grand palmaire, qui va par un long tendon s’attacher au deuxième métacarpien ; le petit palmaire qui va s’insérer au ligament annulaire du carpe; le cubital antérieur qui se fixe à l’os pisiforme.

D’autres muscles ne sont guère visibles que par leur tendon, à la région du poignet : tels sont le fléchisseur commun superficiel, qui agit sur les secondes phalanges des doigts, le fléchisseur commun profond, qui agit sur les troisièmes phalanges, et le fléchisseur propre du pouce.

Le jeu de ces tendons est intéressant à étudier : les tendons du fléchisseur superficiel présentent à leur point d’insertion à la seconde phalange de chaque doigt une sorte de boutonnière, à travers laquelle passe le tendon que le fléchisseur profond envoie à la troisième phalange de chacun des doigts, sauf le pouce.

De l’épicondyle partent également quatre muscles superficiels, appartenant à la face postérieure de l’avant-bras; ce sont : l’extenseur commun des doigts, l’extenseur propre du petit doigt, le cubital postérieur qui va s’attacher au cinquième métacarpien, et l’ancôné qui agit tout en haut sur le cubitus dont il contribue à produire l'extension. Sous ces muscles superficiels sont également des muscles profonds qui ne se révèlent que par leurs tendons et quelquefois une partie de leur corps charnu, comme le long abducteur et le court extenseur du pouce que nous avons déjà vus. Les autres sont le long extenseur du pouce et l’extenseur propre de l'index.

Sur la face latérale externe de l’avant-bras nous trouvons également quatre muscles qui viennent de l'humérus, de sorte que le contour de l’avant-bras monte plus haut du côté externe que du côté interne, puisque du côté interne tous les muscles partent de l’épitrochlée. Il ne faut pas oublier celte disposition.

Ces muscles, que nous avons déjà nommés, sont : le long supinateur qui va s’attacher à l’apophyse styloïde du radius; le court supinateur, muscle profond dont le modelé ne se voit pas sur l’écorché, mais qui augmente la saillie du précédent; le premier radial externe, qui va au deuxième métacarpien, et le deuxième radial externe qui va au troisième métacarpien. Ces deux muscles passent sous l’espèce de bride formée par le long abducteur et le court extenseur du pouce. Tous les tendons de la face antérieure et de la face postérieure sont retenus en place par un ligament appelé ligament annulaire du carpe.

Terminons l’étude de l’avant-bras en détaillant les muscles qui composent, dans la main, l’éminence thénar et la saillie hypothénar, que nous n’avons encore reconnues que comme masses. L’éminence thénar est formée des muscles qui agissent directement sur le pouce et lui donnent la mobilité et l’agilité dont il jouit. Ce sont : le court abducteur, qui va du scaphoïde au côté externe de la première phalange; l’opposant du pouce, qui part du trapèze et va au bord externe du métacarpien ; le court fléchisseur, du trapèze à la première phalange ; et enfin

l’adducteur du pouce, qui, fixé à la face antérieure du troisième métacarpien (celui du médius) va s'attacher à la base de la première phalange du pouce, côté interne.

La saillie hypothénar est formée de trois muscles allongés contre le cinquième métacarpien et qui sont : l’abducteur du petit doigt; le court fléchisseur et l’opposant, le tout recouvert par le palmaire cutané, muscle qui s’attache au ligament annulaire et à la peau et contribue à plisser la face palmaire. Entre les métacarpiens se voient les lombricaux, dont les tendons agissent sur la première phalange de chaque doigt.

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