CHAPITRE XXI
UN PEU D’ANATOMIE COMPARÉE
11 faut une certaine habitude pour faire un croquis d’un être en mouvement. Tâchez de saisir l’ensemble le plus rapidement possible, et pour cela cherchez la ligne simple. Il est souvent facile de ramener même à la ligne droite l’un des côtés de la silhouette. Une fois cette ligne vue, elle vous sert de comparaison pour la ligne opposée dont les brisures et les saillies correspondent à des hauteurs précises par rapport à la ligne droite. Cette opération de l’esprit, qui demande un certain temps pour la décrire, doit être faite en quelques secondes, car l’homme que nous observons, marche, il passe, il a disparu. Mais vous le tenez maintenant. En deux coups de crayon vous fixez sur votre album le résultat de votre observation, mais plus sûrement encore vous fixez l’image de la chose vue dan« votre souvenir, et de retour à la maison vous complétez la forme dont en mar chant vous n’avez pu qu’indiquer les grands traits.
Et vous ne limiterez pas vos efforts à la figure humaine. Embrassez s’il se peut la nature entière dans le cercle toujours agrandi de vos études. Vous avez déjà fait du paysage, faites aussi des bêtes; allez dans les fermes, dans les écuries, à la ménagerie du Jardin des plantes; que rien ne vous soit étranger; dans vos promenades, faites des croquis de chevaux en mouvement, de chiens, etc. Aile? au Muséum dessiner des squelettes de ces différents animaux.
Vous trouverez, en même temps que des différences faciles à saisir, de grande? analogies entre le squelette de l'homme et celui des autres vertébrés. En première ligne, bien entendu, la colonne vertébrale, qui chez tous présente les mêmes divisions en vertèbres cervicales, vertèbres dorsales et vertèbres lombaires. Le nombre des vertèbres de chaque région varie suivant les espèces, sauf les vertèbres cervicales qui sont au nombre de sept chez tous les mammifères ; ainsi, chez le cheval, on trouve dix-huit vertèbres dorsales, dix-huit paires de côtes par conséquent; chez le bœuf, treize vertèbres dorsales, ainsi que chez le chat; le chien n’en a que onze. Les vertèbres lombaires sont au nombre de sept chez les chats ; le cheval en a cinq, mais les races de chevaux qui ont le nez (chanfrein)
busqué en ont sept, paraît-il, Les clavicules sont très fortes chez les oiseaux, deviennent très petites chez le singe, ne sont plus qu’un rudiment cartilagineux chez le chat, et disparaissent complètement chez le cheval, le bœuf, etc., etc.