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PÉRIODE LATINE

Après la destruction de l’empire romain au v® siècle commence une longue période de tâtonnements. On utilisait les débris de monuments romains, on les rejoignait tant bien que mal, on employait la charpente en bois ; aussi beaucoup

A Bayeux.

de ces édifices ont disparu. Un des caractères de cette époque est dans l’adaptation de la forme de la basilique romaine aux besoins du culte chrétien. La basilique était un long rectangle partagé en trois parties dans le sens de la longueur, recouvert d’un toit à deux pentes présentant un fronton à la façade et terminé à l'autre extrémité par une partie arrondie en hémicycle. Au milieu, une partie

carrée séparait la nef do cet hémicycle et se nommait le transept. Ces édifices servaient aux assemblées populaires, aux jugements, et le tribunal occupait l'hémicycle.

On se servit de ces constructions. Le chœur de l’église chrétienne occupa l’hémicycle, et, par la suite, le transept s’élargissant et faisant saillie sur lesgrands

cotés du rectangle, arriva à donner au plan la forme d’une croix. On ajouta un portique en avant, appelé narthex. On décora les édifices nouveaux avec des débris de sculptures romaines, ou, à leurs défauts, avec de grossières imitations. Les rares monuments qui nous restent de cette époque présentent des murailles en moellons coupées horizontalement par des assises de briques, des cintres en briques, des toits en charpentes, de lourdes colonnes aux chapiteaux grossièrement sculptés d’ornements empruntés à la géométrie, et des feuillages copiés du romain. Les tympans des portes sont généralement nus ou relevés d’une croix en briques. C’est ce qu’on appelle la période latine (fig. 183).

Vers la fin du ix° siècle, les animaux apparaissent dans les chapiteaux, ordinairement les animaux apocalyptiques, les pleins cintres deviennent plus lourds (période mérovingienne). On voit quelques spécimens de ces périodes architecturales à Poitiers, église Saint-Jean (fig. 183), à Beauvais, la basse œuvre, à Sainjt-Eusèbè de Germes, Meurthe-et-Moselle, à Savenières près d’Angers, etc., etc. C’est à cette époque quel’on voit apparaître les cryptes, sortes d’églises souterraines sousl’église, qui étaient comme un ressouvenir de la période des catacombes à Rome (fig. 181).

L’influence byzantine commence à se faire sentir dans les constructions. Les Vénitiens, parleurs relations commerciales étendues, en sont le véhicule. Ils commencent par construire chez eux Saint-Marc, en imitation de Sainte-Sophie de Constantinople, puis ils introduisent en France les principes rapportés d’Orient. Saint-Front de Périgueux (fig. 182) est un exemple frappant de cette influence, plan tracé en forme de croix grecque, douze pans extérieurs, fenêtres trigéminées sur chacune des faces, intérieur très éclairé, enfin cinq coupoles supportées sur de larges piliers font le caractère de ce curieux édifice qui, à son tour, étendra son influence sur les constructions au sud de la Loire jusqu’au xin* siècle.

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