GOTHIQUE FLEURI, GOTHIQUE FLAMBOYANT
On trouve peu d’églises du xiv® siècle en France. On peut cependant citer Saint-Ouen de Rouen ; dans ce siècle, on se contente d’achever celles qui ont été commencées au siècle précédent, et les parties qui appartiennent au xiv® siècle dénotent un art déjà un peu plus raffiné et moins pur. Ce siècle, profondément troublé par des guerres civiles et étrangères, offre d’intéressants spécimens d’architecture militaire. Nous donnons ici le château de Vitré (fig. 190) . Le château de Pierrefonds, bâti de 1390 à 1411 par Louis d’Orléans, est de la même époque ; de même le château de Vincennes; l’hôtel de Sens, à Paris, dans le quartier du lycée Charlemagne, avec sa porte ogivale et ses deux tourelles rondes, appartient également au xiv® siècle. Au siècle suivant, les tourelles affectent plus particulièrement la forme polygonale ou carrée. Mais, ainsi qu’il a été dit plus haut, ce qui caractérise essentiellement les constructions du xve siècle, c’est la surcharge des détails de l’ornementation. Les chapiteaux des colonnes disparaissent et les nervures des ogives prennent naissance directement sur le fût de la colonne, ainsique le montre notre figure 189 représentant une partie de l’église Saint- Pierre à Coutances. Les balustrades que nous avons vues dans les édifices du xm* siècle, faites de trèfles et d'ogives, sont formées ici de sortes de flammes de pierre qui courent obliquement entre la base et la main courante, flammes que l’on retrouve dans les tympans des fenêtres, dans les gables triangulaires qui surmontent les portes. C’est ce genre d’ornementation qui a fait donner à l’art de cette période le nom de style flamboyant, en opposition avec le style rayonnant qui distingue les époques précédentes.
L’art ogival touche à son déclin, et, après avoir couvert le sol de merveilles, il marque, comme toujours, sa période de décadence par la boursouflure, les tours de force, l’amour exagéré des détails et le rendu minutieux de la nature dans l'ornementation.
Pendant le moyen âge, la construction des édifices religieux a été la grande affaire. Néanmoins, à partir du xne siècle, après l’affranchissement des communes, on commença à bâtir les maisons particulières d’une façon assez durable pour
quïl subsiste encore aujourd’hui des bâtisses de cette époque, entre autres à Cluny et à Chartres.
A partir du xin® siècle, la charpente joue un grand rôle dans ces constructions, où le rez-de-chaussée seul est en pierre. Au xv® siècle, les maisons s’élèvent davantage et les étages surplombent les uns sur les autres. Souvent les rez-dechaussée sont en retrait sous un porche dont les piliers soutiennent les étages supérieurs.
On voit de nombreux exemples de ces constructions dans beaucoup de villes de France, à Vitré, à Fougères, à Lisieux, etc., etc.