LOUE
leur ait assigné à chacune sa propriété, toutefois qu’elles ne peuvent mettre leur effet en avant, sinon d’autant qu’elles sont adressées par la main de Dieu. Par quoi elles ne sont qu’instruments auxquels Dieu fait découler sans fin et sans cesse tant d’efficace que bon lui semble, et les applique selon son plaisir et les tourne à tels actes qu’il veut, ete. (1) ». Ce qui n'empêche pas Calvin d'affirmer qu’il y a des lois naturelles: « Vrai est que toutes espèces ont quelque conduite secrète selon que leur naturel le requiert comme si elles obéissaient à un statut perpétuel auquel Dieu les a astreintes : et par ainsi ce que Dieu a une fois décrété, coule et va son train comme d’une inclination volontaire... mais c’est perversement fait de vouloir sous telles couleurs cacher et obscurcir la providence spéciale de Dieu » (2). La création et les lois qui la régissent sont essentiellement contingentes, et c’est uniquement « la volonté de Dieu qui est la nécessité de toutes choses » (3).
1Jnst CNT SA 16, 2041545, 649 De aet Der præed.-0Opp. Car, vol MIT p 25% Voiriencore Inst. Chr M, 16 52et Contre l'astrologie judiciaire, Opp. Calv., vol. VII, p.524 et passim. Ce curieux traité est écrit contre ceux qui, sous prétexte de rigueur scientifique, tendaient à faire du monde un mécanisme dont les rouages fonctionneraient suivant un déterminisme inflexible et en dehors de toute intervention divine actuelle. Dans son « De œterna Dei Prœædestinatione », il attäque aussi le déterminisme des stoïciens et des astrologues : Opp. Calv., vol. VII, p. 353.
2. Inst. Chr., I, 16. 4. Ce texte ne se trouve pas dans les éditions précédentes, mais l’idée est exprimée en d’autres termes dans Ed. 14e Où 7e