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Dieu à l'égard de humanité tel qu’il est apparu à l’auteur de l’Instilulion chrétienne.
L'action de Dieu sur le monde doit être considérée à un triple point de vue (1). La création est tellement contingente qu’elle ne peut subsister sans une « opération universelle » de la volonté de Dieu, agissant pour empêcher son œuvre de retomber dans le néant. « Cette conduite n’est sinon ce que nous appelons l’ordre de la nature. » Dieu est le principe suprême de tout mouvement et de toute énergie selon la parole de saint Paul, c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et lêtre (@) « nous ne pouvons pas durer une minute de temps, sinon qu’il nous soutienne de sa main, en tant même que c’est lui en qui nous subsistons et que tout ainsi que l’âme, épandant sa vigueur par tout le corps, agite les membres: aussi Dieu nous vivifie et nous donne là ce que nous avons de faculté et de pouvoir. »
Toutefois, Calvin n’est pas panthéiste, car ces forces auxquelles Dieu donne et maintient l'existence sont par cela même distinctes de lui : « Vrai est, dit-il, que nous subsistons en lui d'autant que n’avons pas notre fondement en nous. Mais il y a grande différence d’être l’œuvre ou l’ouvrier même » (3) et si Dieu est l'âme du monde, il
4. Au chap. XIV de son traité « Contre la secte phantastique des libertins » (1545, Genève) Opp. Calv., vol. VII, Calvin expose sa théorie ex professo et cest ce chapitre que nous résumons et dont nous citons les passages les plus caractéristiques. Voir aussi Znst. chr., IL 4. 2 et II. 2. 16 (Ed. 1539. 2. 69).