Harmonie évangélique : Matth. IV
2, Acceperat quidem posse, si vellet, sed non habuit velle quo posset ; quia hoc velle sequuta esset perseverantia. » Inst. chr., 1559, I, 15, 8. La fin du $ 8 est tronquée dans la traduction française de 1560, qui contient en outre un contresens assez grave pour le. rendre presque inintelligible.
3. « Dicis libero arbitrio Adam cecidisse. Excipio : Ne caderet, opus habuisse fortitudine et constantia, qua Deus electos suos instruit, dum vult integros servare. Cerltum est, nisi singulis momentis nova e cœlo virltus suggeratur, ut sumus caduci, millies perituros. » Responsio allera de occ. Dei Prov. Opp. Calv., vol. IX, p. 294.
4. « L'homme s’est soustrait et révolté de la sujétion de Dieu, d'autant que non seulement il a été trompé par les allèchements de Satan, mais aussi qu'en méprisant la vérité, il s'est fourvoyé en
mensonge. » (fnst. chr., II, 1, 4).
morale possible (1), et de son côté, « Adam a déclaré combien est pauvre et misérable le franc arbitre sinon que Dieu veuille en nous et puisse tout (2) ». Bien que nécessaire, la chute n’est donc pas imputable à l’action de Dieu sur la volonté humaine, au sens rigoureux du terme, puisque l'influence directrice de la providence avait Justement cessé de se faire sentir, quand l’homme est tombé dans le péché.
Dieu a voulu, pour des motifs que nous ne pouvons comprendre complètement, l’existence du mal ; mais il ne la pas créé : il l’a laissé monter du néant. Le mal na pas sa Cause efficiente en Dieu « car la malice et perversité, qui est tant en nous qu’au diable, n’est pas une chose essentielle ou une substance créée, mais seulement une corruption de l’œuvre de Dieu et un défaut de ce que Dieu avait mis en nous ; Comme toutes les convoitises méchan— tes ne sont qu’un débordement et excès désordonné de la règle et mesure que Dieu approuve (3). » L’imperfection métaphysique ou la faiblesse de la créature, en vertu de laquelle cette « corruption » et « ce défaut » se sont produits spontanément, n’est pas un mal moral : « le diable et l’homme ont été créés bons », bien que « mua-
4. Inst. Chr., LUI, 23, 7. « ]J1 a voulu en premier lieu montrer ce que pouvait le franc arbitre et puis après ce que pouvait le bénéfice de sa grâce et son juste jugement ». Cette citation de saint Augustin ne se trouve pas dans les éditions antérieures à 1559.
dns Os 18, 10e M539:12/56.
3. Epître contre un cordelier (Opp. Calv., vol. VII, p.355, 4517).
bles » (1). Elle est la conséquence de ce fait que Dieu est le bien absolu, le principe de la vie morale, et elle sert à mettre en lumière l'incapacité où se trouve la créature, même ornée des plus beaux dons, d’être la cause première et absolue d’un bien dont Dieu ne serait pas, par conséquent, l’auteur. Elle montre qu'il n’y a pas une seule vie moralement bonne dont la gloire ne doive remonter à Dieu; elle est donc en soi une chose excellente (2). Et le terme de « corruption », métaphore que Calvin emploie fréquemment, exprime très heureusement cette idée ; la corruption apparaît dans l'organisme, dès que la vie s’est éteinte, etle mal naît dans l’âme, dès qu’elle n’est plus animée du souffle vivifiant de la grâce.
Quant à la question de savoir pourquoi Dieu n'a pas soutenu Adam et ne lui a pas donné de persévérer dans Je bien, et si Dieu lui devait l'appui qu’il lui à refusé, nous nous en occuperons au sujet de la prédestination, dont elle dépend entièrement (3). En veriu da mystérieux lien de solidarité que Dieu a établi entre Adan et ses descendants, et suivant son décret éternel, le péché s’est transmis à tous les membres de la race humaine, comme ja corruption, de la racine se transmet à la plante tout
1"ETbide
2, « Quamwis infirmus, el ad defectionem flexibilis creatus fuerit homo, hanc debilitatem fuisse valde bonam, quia paulo post docuit ejus ruina, extra Deum nihil firmum esse, vel stabile ». (Responsio altera de occulta Der Providentia. Opp. Calv., vol. IX, p. 291).
SNS Che ldp,te.