‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 23 sur 60 · Inst, chr., II, 2, 16; éd · texte numérisé non relu

Inst, chr., II, 2, 16; éd

l’impuissance morale de l’homme des opinions assez voisines de celles du réformateur. Ce qui distingue nettement ce dernier des théologiens catholiques, c’est le principe essentiellement protestant de l’absolue gratuité du Salut, principe qui est la clef de tout le système de Calvin, et qu’il accepte avec toutes ses conséquences.

L’auteur du De vocalione gentium (cité dans l’Jnst. chr., IL, 2, 6) avait affirmé que l’homme pouvait résister aux impulsions de la grâce, et il en avait conclu très logiquement que le mérite de l’acceptation du salut devait être imputé à la volonté humaine, qui avait coopéré à Paction de la grâce, ou tout au moins qui avait accompli un acte auquel elle eût pu se soustraire, en n’y apportant pas de résistance. La conséquence était inéluctable, et tous ceux qui veulent introduire dans l’édifice de la doctrine chrétienne cet élément étranger, sont acculés à la nécessité de porter atteinte à lPabsolue gratuité du salut et de rétablir la doctrine du mérite, bon gré, mal gré. Sur ce terrain le principe catholique, d’après lequel le salut serait relativement acquis et mérité par l'effort humain, est aussi inattaquable que paraît fausse la position des théologiens qui prétendent rejeter absolument la notion du mérite, en maintenant le franc arbitre. L’expérience religieuse de Calvin, autant que son sens logique, lui rendait impossible cette solution. Aussi exclut-il avec soin de son système toute trace de synergisme et affirme-t-il l’efficacité toute puissante de la grâce : « Le Seigneur corrige ou plutôt abolit notre volonté perverse, puis après nous en donne de soi-même une bonne... c’est par pure grâce que nous commençons à vouloir le bien :

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