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nous, dis-je, qui sommes de tout notre cœur naturellement adonnés à mal » (1).
« Or, il émeut notre volonté, non pas comme on a longtemps imaginé etenseigné, tellement qu’il soit après en notre élection d’obtempérer à son mouvement ou résister, mais il la meut avec telle efficace qu'il faut qu’elle suive (2) ». Mais cette action irrésistible de la grâce n’a rien de commun avec la contrainte brutale qui ne tiendrait aucun compte des tendances de l’âme, puisque c’est tout d’abord sur ces tendances qu'il agit. « Vrai est que Dieu ne fait pas son œuvre en nous comme en des pierres ou des rochers, tellement qu’il nous ravisse à soi sans le sentiment ou mouvement intérieur de notre cœur, mais vu que naturellement volonté estimprimée en nous, laquelle toutefois est dépravée par la corruption de notre pature, tellement que son inclination tend toujours à pécher ; Dieu la corrige et réforme en mieux et fait que nous appettons franchement justice de laquelle toute notre affection était détournée (3) ». Dieu, dans aucun cas, ne contraint l’homme à le servir malgré lui et à parvenir au salut en dépit de sa volonté. Il agit toujours par une persuasion aussi douce qu'irrésistible, en éclairant l’entendement (4) et en inclinant la volonté : « Par la grâce,
1. Inst. chr., Il, 3, 7 et 8. Le commencement de li citation 82 trouve dans l’Inst. chr., 1539, 2, 58.
2 Inst. Chr. IL 3, 10:éd.1539, 256