‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 32 sur 60 · Inst. chrét., ill. 6.3; éd · texte numérisé non relu

Inst. chrét., ill. 6.3; éd

ion

server au devoir sa valeur éthique, il fallait donner à cette loi le caractère d’une fin rationnelle, qui en expliquât eten justifiàt la nécessité logique ; enfin il fallait que, dans sa conception de l'obligation, rien n’impliquât l'existence du libre arbitre, puisque, pour Calvin, l’homme est à la fois obligé et naturellement incapable de satisfaire à son devoir, par suite de sa corruption radicale. La solution du réformateur est d’une grande clarté. Elle est déjà exposée toute entière, en 1536, dans les quelques lignes qui précèdent son explication du décalogue, dans la première édition de l’Znstitution ; et dans les deux premières questions de son second Catéchisme (1541), Calvin a posé et résolu le problème en des termes aussi élevés qu’ils sont simples. « Quelle est la principale fin de la vie humaine ? — C’est de connaître Dieu (1). — Pourquoi dis-tu cela ? — Parce qu’il nous a créés et mis au monde pour être glorifiés en nous. Et c’est bien raison que nous rapportions notre vie à sa gloire, puisqu'il en est le commencement » (2).

Calvin identifie ainsi la loi morale avec l’ordre divin, mais cet ordre est fondé en raison, ce qui lui donne un caractère éthique (3). En effet, c’est à Dieu que nous devons la vie, puisque nous la tenons de Lui, et comme

1. Il ne s’agit pas ici d’une connaissance purement intellectuelle, mais d'une connaissance pratique, comme le prouvent les questions 6 et7 et le chapitre II du premier livre de l’nsé. chrét., intituli : « Que c’est de connaître Dieu et à quelle fin tend cette connaissance ».

2. Catéchisme de l'église de Genève Opp. Catw., vol. VI, p. 9. 3, € Quand on fait quelques lois, il faut donner ordre à ce qu’elles

Page 1