‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 4 sur 60 · LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

LA MÉTHODE

La doctrine du serf arbitre et de la prédestination absolue a été la thèse commune de tous les grands réformateurs du xvr° siècle, qui remontaient ainsi à saint Augustin et à saint Paul, en suivantla trace lumineuse des Jean Huss, des Wiclef, des Abélard et des Gotschalk, pour protester contre la doctrine du libre arbitre et pour délivrer l’Église du vieux levain du pélagianisme catholique.

Luther, et Mélanchton dans la première partie de sa vie, se rencontrent sur ce point avec Zwingle et Calvin. Toutefois leur accord n’est pas si complet qu’on ne puisse signaler des différences de détail, parfois assez importantes, et qui tiennent peut-être autant à la diversité des

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méthodes qu’ils ont suivies, qu’à l'influence de prémisses dogmatiques contraires.

Zwingle, Luther, Mélanchton suivent une méthode où l’a priori, la déduction et le syllogisme tiennent une place encore considérable. Zwingle (1) déduisait le déterminisme universel de sa notion de Dieu.

En 1521, Mélanchton, lui aussi, concluait de la prédestination à la négation du libre arbitre. « Quandoquidem omnia queæ eveniunt necessario juæla divinam prœdeslinalionem eveniunt, nulla est voluntatis nostræ libertas (2):

Luther se fondait pour nier le libre arbitre sur sa notion de la toute puissance divine (providence) et sur la prescience, que ses adversaires eux-mêmes admettaient : « Aæc inquam omnipolentia el prœscientia Dei funditus abolent dogma liberi arbilrii (3). »

Cela n'implique pas d’ailleurs que les réformateurs allemands n'aient obéi qu’à des préoccupations purement

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