‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 41 sur 60 · Inst, Chrét., 1, 17, 5% éd · texte numérisé non relu

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ignorance, mais dans une bonne intention, car il constate que l'intention bonne, même dans un acte louable en soi et chez un homme régénéré par l'Esprit de Dieu, ne l’est jamais d’une façon absolue. « Que le serviteur de Dieu, dis-je, élise la meilleure œuvre qu’il pourra avoir faite en toute sa vie, quand il aura bien éplaché toutes les parties d'icelle, il trouvera sans doute qu’elle sentira en quelque endroit la pourriture de sa chair, vu qu’il n’y à jamais en nous une telle disposition à bien faire qu’elle devrait être, mais il y a grande faiblesse pour nous retarder (1) ». Le manque d'intensité ou d'énergie, l’imperfection de Pintention bonne vicie toujours dans une mesure plus où moins grande l’acte moral, et Calvin conclut qu’à la bälance de la justice absolue, « il nesort pas une seule œuvre des fidèles qui ne nwrite juste loyer d'opprobre si on l’estime de soi (2) ». Les observations qui précèdent s'appliquent donc, toutes proportions gardées, aux péchés commis par surprise et même aux bonnes œuvres. Ceci expliqne comment Calvin, tout en déclarant le moindre péché digne de la réprobation éternelle de Dieu, (3) pouvait échapper au paradoxe des stoïciens, qui voulaient statuer une égalité impossible à admettre entre tous les péchés. Il a été loisible à Calvin de reconnaitre des degrés dans la culpabilité. C’est ainsi qu’il affirme que la connaissance de la loi aggrave la responsabilité, en transformant l’intention vague et parfois à peine consciente de satisfaire un pen chant mauvais, mais non reconnu comme tel, en une inten- 4. Inst. chr., II, 14, 9; éd. 1539, G, 36.

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