‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 42 sur 60 · Inst. chr., lil, 4 28:èd · texte numérisé non relu

Inst. chr., lil, 4 28:èd

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tion plus précise et partant plus coupable, car elle ajoute à la transgression Spontance un nouvel élément mauvais; celui de la révolte et du mépris de la loi; « il n’y à nul doute que d'autant plus la conscience est touchée de près de l’appréhension de son péché, Piniquité croit quant et quant vu qu'avec la transgression lors est conjointe la rébellion à l’encontre du législateur (LE

Mais, dira-t-on, la première objection ainsi réfutée, la deuxième ne parait que plus forte ; Si les actes mauvais Sont repréhensibles, il ne sont pas imputables à l’homme qui les commet, mais à Dieu qui les suggère.

Il faut reconnaitre que la théorie de Calvin entraîne une modification profonde dans la facon d'envisager le rôle de l’acte mauvais dans ses rapports avec la respon- Sabilité. Mais cette modification est d’une nature toute différente de celle qu’on serait tenté de lui attribuer au premier abord. Au lieu danéantir la responsabilité, elle en déplace simplement le centre et donne au sentiment duremords plus de cohésion et d'unité, Celui qui voit dans le péché qu'il commet un acte isolé, libre, un commencement absolu, sans lien nécessaire dans son origine avec les tendances fondamentales du moi, est naturellement porté à faire peser tout le poids de la condamnation sur une abstraction, sur l'acte considéré en lui-même bien plus que sur le moi agissant dont le caractère n’est altéré que par un agent mystérieux, qui surgit subitement dans le moi, avec les motifs qui l’accompagnent sans le déterminer. Faisant reposer la responsa-

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bilité sur l’acte libre en tant que cause première, on peut même en arriver à se perdre de vue inconsciemment et à confondre la culpabilité du moi avec le nombre autant qu'avec la gravité des fautes commises, dont il faudra par suite tenir un registre exact. Or, dans l'effort stérile,

tenté pour faire cette statistique impossible, on finit par

remplacer le sentiment profond de ses péchés ou plutôt du péché par une énumération mécanique et formaliste d'actes extérieurs. La culpabilité n’apparait plus que comme une poussière sans consistance d’actes isolés, au milieu de laquelle le moi passe, et qu’il secoue sans se sentir véritablement atteint dans les profondeurs de son être par le mal moral qui contamine et corrompt sa substance même sans qu'il s’en doute. Voilà pourquoi dans un langage très dur, Calvin s’élève contre la loi que l'Eglise romaine impose aux pénitents « de nombrer tous les péchés : « Ayant détourné les pécheurs du vrai sentiment de leurs péchés, elle les fait hypocrites et ignorants de Dieu et d’eux-mêmes, car en s’occupant du tout au dénombrement de leurs péchés, cependant ils oublient le secret abîme de vices qu’ils ont au profond du cœur; leurs iniquités intérieures et ordures cachées par la connaissance de quoi principalement ils avaient à réputer leur misère » (1).

Il est hien évident que Calvin ne peut pas donner comme base de la responsabilité des actes spéciaux dont l'apparition dépend des directions de la providence. Aussi fait-il porter la responsabilité non sur Pacte, mais sur le

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