‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 43 sur 60 · Inst. Chr., IU · texte numérisé non relu

Inst. Chr., IU

RSR caractère dont il émane et dont il est l'expression (1). Ce que nous avons dit dans notre première partie de la façon dont Calvin envisageait d’une part le péché originel et la concupiscence, et de l’autre l’action modératrice de Dieu sur l’âme humaine fera comprendre comment nos actes, fout en Gtant provoqués dans chaque cas particulier par l’impulsion extérieure de Dieu, sont pourtant bien la traduction extérieure de notre caractère. Si, selon les paroles déjà citées à propos du péché originel, « cette perversité n’est jamais oisive en nous, mais engendre continuellement nouveaux fruits. tout ainsi qu’une fournaise ardente, sans cesse jette flambes et étincelles et une source jette son eau » (2), l’action de Dieu n’aura pas pour effet d'imposer ou de suggérer du dehors à homme des actes dont il eût été incapable, mais seulement de ne les faire naître qu’en temps utile et dans des circonstances propices à l'exécution de ses sentences, au lieu de les laisser se produiresans règleni mesure; « car qui est celui si insensé qui estime l’homme être poussé de Dieu, comme nous jetons une pierre ? Certes cela ne s’ensuit point de notre doctrine. Nous disons que c’est une facuké naturelle de l’homme d’approuver, rejeter, vouloir, ne point vouloir, s’efforcer, résister : à savoir d'approuver vanité, rejeter le vrai bien, vouloir le mal, ne vouloir point le bien, s’efforcer à péché, résister à droiture. Qu'est-ce que fait le Seigneur en cela ? S'il veut

user de la perversité de l’hommecomme d’un instrument

4. Cont. Pigh. de lib. arb. Opp. Calw., vol. VI, p. 348. PINS CRIE, AIT 85 Ed. 1589, 213:

de son ire, illa tourne et dresse où bon lui semble afin d'exécuter ses œuvres justes et bonnes par mauvaises mains. Quand nous verrons donc un méchant homme ainsi servir à Dieu quand il veut complaire à sa méchanceté, le ferons-nous semblable à une pierre, laquelle est agitée par une impétuosité du dehors, sans aucun sien mouvement, ni sentiment, ni volonté ? Nous voyons combien il ya de distance » (1). Si donc, affirme Calvin avec juste raison, l’impie s'interroge lui-même, le témoignage de sa propre conscience le contraindra à avouer que la condamnation ne peut porter sur un autre que sur lui-même, puisque c’est en lui, au fond de son cœur, qu'il trouvera la source des actes mauvais qu’il commet ; et l’action de Dieu qui fiéchit à son gré la volonté mauvaise n’en diminue en rien la perversité (2).

Dieu ne crée pas le mal en nous ; il le trouve, et le châtie par lui-même. Cette perversité volontaire, elle est nous-mêmes ; on ne peut donc comparer, comme l'avait fait l’auteur des Calumniæ, l'acte mauvais qui enrésulte

avec la croissance inconsciente de la barbe (3). Il est par

1 Tnst. Chrel., IL. 5, 145 Ed. 1539.79 890 Neque extlrinseco molu impelli fingimus hominum animos ut violenter ferantur, neque in Deum transferimus indurationis causam, ac si non sponle propriaque malilia duri el invmiles, se ipsos ad pervica- Ciam acuerent ». De œterna Dei prœdestinatione. Opp. Calv., vol. VIIL, p. 358.

2. Resp. allera de occul. dei provid. Opp. Calv., vol. IX, p. 308 SŒ.

Page 1