‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 44 sur 60 · Resp, alt. de occul. Dei. prov., p · texte numérisé non relu

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conséquent impossible de tirer aucune excuse pour soi ou de porter aucune accusation contre Dieu au nom de la providence; « car quoi? Envelopperont-ils Dieu en une même iniquité avec eux? Ou bien couvriront-ils leur perversité par sa justice? Ils ne peuvent ni l’un ni l’autre et leur conscience les redarque tellement qu’ils ne se peuvent purger. De taxer Dieu, ils ne le peuvent, vu qu’ils trouvent en eux tout le mal; en lui, rien, sinon un usage bon et légitime de leur malice. Néanmoins il besogne par eux, dira quelqu'un ? et d’où vient la puanteur en une charogne après qu’elle est ouverte et pourrie ; Chacun voit bien que cela vient des rais du soleil et toutefois personne ne dira qu’il pue. Ainsi, puisque la matière et faute du mal consiste en un mauvais homme, pourquoi Dieu en tirera-t-il quelque macule et ordure s’il en use selon sa volonté? Pourtant chassons cette pétulance de chien laquelle peut bien aboyer de loin la justice de Dieu, mais ne la peut attoncher » (1).

Les péchés particuliers sont non la maladie elle-même, mais les symptômes de la maladie la plus grave et la plus dangereuse de toutes : du péché. Ce sont les fruits qui nous permettent de juger du triste état de l'arbre dont ils procèdent, et que la providence a manifesté au grand jour, puisque, nous l’avons vu, bien distincte de la grâce qui régénère, elle ne fait que modérer et diriger les mouvements désordonnés de la nature du méchant, sans y

apporter de transformation intérieure (2).

Lo Se OUR MO TE ORÈIE SR 2, Inst. Chr. IL, 2, 16, éd., 1539, 2, 36. Contre La secte des liber-

fins, XIV. Opp..Calv., vol VIT; n°2878.

Dans ces conditions l'examen détaillé de la vie morale, dépouillé du caractère légaliste que lui avait imprimé le catholicisme, ne peut qu'être utile pour le développement du sentiment de la culpabilité. Pour mesurer la profondeur de notre corruption, il est bon de considérer les ravages quelle exerce dans les manifestations extérieures de notre activité. « IL nous faut étudier d’exposer, d’autant qu'il est en nous, notre Cœur devant Dieu : et non pas seulement de nous confesser pécheurs, mais pour nous réputer véritablement tels, reconnaitre de toute notre cogitation combienest grande et diverse l’ordure de nos péchés : de non pas seulement nous reconnaître immondes, mais de réputer quelle est notre immondicité, et combien grande et en combien de parties: de non pas seulement nous reconnaître detteurs, mais réputer de combien de dettes nous sommes chargés et oppressés :denon pas seulement nous reconnaître blessés, mais de combien et grièves et

mortelles plaies nous sommes navrés » (1). Néanmoins,

ajoute Calvin, « quand un pécheur se sera découvert à

Dieu en telle connaissance, encore faut-il qu'il pense pour vrai et qu’en sincérité il juge que beaucoup de maux lui restent qu’il ne peut estimer : et que la profondité de sa misère esttelle qu'il ne la saurait bien éplucher, ni en trouver la fin » (2). Nos actes ne pouvant nous engager qu’en tant qu'ils révèlent l’état du moi,il n’y a plus de danger que nous dispersions notre jugement sur eux, sans nous frapper nous-mêmes. La condamnation tout

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