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ct LEON EN entière tombe sur notre nature pervertie, sur notre caractère mauvais, qui se trouve convaincu d’être une source intarissable d’injustice et de transgressions, par le seul fait qu’il faut renoncer à supputer le nombre des actes mauvais qui en sortent. Comment, devant un pareil spectacle, esquiver le verdict de la conscience? comment pourrais-je refuser d’endosser le blâme qui tombe avec jus-
tice sur des actes, qui ne sont autre chose que mon moi
projeté au dehors ? Et si je suis obligé de m’avouer que Je suis l’incarnation vivante de l’abstraction que je con-
.damne, en quoi le fait que cette abstraction s’est réalisée
en moi, que le péché s’est incarné dans le pécheur et a pris Corps enlui, en quoi ce fait diminue-t-il ce qu’il y a d’odieux dans le mal moral ? Si je me confonds avec le mal, comment n'en porterais-je pasla condamnation ?
S 2. — La responsabilité et le serf arbitre.
Dans une page où il ne se montre guère suspect de sympathies exagérées pour la conception protestante de la providence, et malgré ses tendances utilitaires, le philosophe anglais David Hume nous semble avoir parfaitement relevé le caractère spontané et pour ainsi dire instinctif du jugement que nous portons sur les actes et les personnes . CAMES nature, dit-il (1), a formé lesprit de homme de telle sorte qu’à la vue de certains caractères, de certai-
nes dispositions, de certaines actions il éprouve immédia-