Inst. chr. Il, 2, 24; éd
HO Le
nous avons, selon la loi de Dieu, laquelle est un patron de parfaite justice, nous trouverons en combien de façons elle est aveugle » (1). Mais plus fréquemment elles revêtent une forme plus grave et particulièrement révoltante : on condamne spontanément, avec sévérité, chez les autres ce qu'on approuve chez soi, à l’aide de certains sophismes. « Qu’on demande en général si homicide est mauvais, il ny aura pul qui ne dise que oui : néanmoins celui qui machine la mort de son ennemi en délibère comme d’une bonne. chose. Voilà donc en quoi gît l’ignorance, c’est quand l’homme après avoir assis un bon jugement universel, enveloppant puis sa personne avec la chose, oublie la règle qu'il suivait auparavant, . pendant qu’il n'avait égard à soi-même » (2). Ces erreurs, même chez ceux qui n’ont pas reçu la gràce ne sont pas universelles, « car aucune fois la turpitude du maléfice presse de si près la conscience du pécheur, qu’il ne tombe point parce qu’il se déçoive sous fausse imagination de bien, mais sciemment et volontairement il s’adonne au mal » (3). L'existence de ce « sens naturel » qui est comme « un édit engravé en nous de la main de Dieu, » (4) une fois constatée avec les imperfections et les obscurités dont il est envirouné, voici comment, d’après Calvin, on doit placer dans les penchants innés le siège de la coulpe. Le
devoir fondé sur le Dieu créateur est une nécessité de la
. Ibid.
. Inst. chr., IL, 2.23 ; éd. 1539, 2. #2.
Lo)
. Inst. chr. ibid.
. Contre les libertins. 0pp. Calv. vol. VII p. 202.
pensée : « nous ne le pouvons concevoir en sa grandeur, que sa majesté ne nous saisisse pour nous rendre obligés à le servir » (1).
Or, par une vue intuitiveetimmédiate, la conscience se rend compte que le non-accomplissement du devoir nous expose au juste courroux de celui dont nous lèsons les droits injustement et qui semontre dans sa loi, parleschâtiments qu'il attache au péché et les récompenses qu’il promet à la vertu (2), « ami de justice, ennemi d’iniquité » (3). Elle nous place dans un état d’indignité tel, que nous sentons que nousavons perdu tout droit à sa faveur etmême à l’existence. De l’examen attentif de notre vie intérieure, nous verrons «en Ccomparageant la justice de la loi avec notre vie, qu’il y a beaucoup à dire que ne satisfassions à la volonté de Dieu et pourtant quenous sommes indignes de retenir notre lieu et ordre entre ses créatures, tant s’en faut que méritions d’être reputés ses enfants. De là nécessairement s'ensuit... une angoisse et tremblement d’esprit. Car la conscience ne peut soutenir le faix de péché qu’incontinent le jugement de Dieu ne vienne en avant : et le Jugement de Dieu ne se peut sentir qu’il n’apporte une horreur de mort. » (4)
La Conscience affirme donc aussi nécessairement la légitimité du châtiment qu’elle avait affirmé la légitimité de l’ordre.
1. Inst. chr., IL. 8. 1, èd. 1539, 3. 1. en termes presque identiques, . Inst. Chr.; Il, 8, 45 6d,..4539,3,5. 3. Inst. chr. Il, 8, 2; éd. 1539, 3,5.