Inst.chr. II, 8,3 ; éd
Or le siège de l'injustice, ce qui constitue proprement le péché, c’est l'être malfaisant qui transgresse la loi, c’est la perversité inhérente à son propre caractère, ce Sont ses penchants mauvais. « Nous. tenons que toute convoilise de laquelle l’homme est aucunement chatouillé pour faire contre la loi de Dieu est péché : Même nous affirmons que la perversité, laquelle engendre telle concupiscence est péché (1) ».Ce qui fait qu’on a parfois de la difficalté à l’admettre, c'est que l’on est porté à croire que Ja loi est satisfaite dés qu’elle n’a pas été trangressée de propos délibéré. Or cela est faux, car nous nous devons à Dieu tout entier (2), et si notre àme est incitée par la convoitise, c’est que l’amour de Dieu ne la remplit pas tout entière et qu’elle n’accomplit pas son devoir : « Il est commandé en la joi d’aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et detoutes nos forces. Puisqu’il convient que toutes les parties de notre âme soient remplies de l'amour de Dieu, il est certain que tous ceux qui peuvent concevoir en leur cœur seulement un appétit iéger ou quelque cogitation pour être distraite de lPamour de Dieu à vanité, ne satisfont point à ce commandement... quand donc en telles affections il y a de la vanité et du vice, n’est-ce pas un signe qu'il y a quelques parties de l’âme vides et dépourvues de l’amour de Dieu (3)? ».
Et la conclusion que Calvin tire de cette affirmation si
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to Rue importante, qui repose sur sa notion du devoir, est irréfragable : « Par quoi quiconque ne confesse que toutes
concupiscences de la chair sont péché et que cetle mala-
die de convoiter qui est en nous, est la source de péché, il faut qu’il nie quant et quant que la transgression de la loi n’est point péché (1). » Mais celui qui a été amené à reconnaître la réalité de son péché ne peut pas ne pas s'indigner contre lui-même : « c’est quand le pécheur se courrouce contre soi-même en son cœur, s'accuse et se dépite contre soi, en réputant sa perversité et ingratitude envers Dieu » (2). Nous sommes constitués de telle façon que nous ne pouvons pas nous voir tels que nous sommes, sans Ôtre obligés de reconnaître que le châtiment dont Dieu nous menace est justifié en tant que nous sommes la personnification du péché, car « la conscience nous tient convaincus au dedans et nous fait sentir qu’à cause du péché nous méritons d’être rejetés de lui et n’être point tenus pour ses enfants (3). »
Dans cette conception, le libre arbitre n’a aucun rôle à jouer, il ne servirait qu'à diminuer la responsabilité. En effet, l'incapacité morale bien loin d’être une excuse, est une circonstance aggravante car elle est le signe de l’intensité du péché, de affinité pour le mal qui possède l’âme du coupable : « Ils disent après que si les vices et
1, Joe