Inst. chr., Ul
3. inst, chr. I, 6, 1, ce texte ne se trouve pas avant 1559, mais l'idée qu'il exprime se trouve dans les éditions précédentes de l'Inst.chr. Ed. 1539. 41 et 43, éd, 1536, opm: Cale, vol. 4
PL
vertus ne procèdent point de libre élection, il n’est point convenable que l’homme soit rémunéré ou puni... Quant est des punitions que Dieu fait des maléfices, je réponds qu’elles nous sont justement dues, puisque la coulpe du péché réside en nous. Car ilne chaut si nous péchons d’un jugement libre ou servile, moyennant que ce soit de cupidité volontaire : principalement vu que l’homme est convaincu d’être pécheur en tant qu’il est sous la servitude du péché » (1).
La répugnance naturelle que l’on peut éprouver pour le bien, répugnance qui entraîne l’inaptitude à s’acquitter du devoir, ne peut donc pas avoir d’excuse, car elle vient de ce que l’homme est naturellement vicieux, et comme le vice est en lui, qu’il fait corps avec lui, on ne peut l’en séparer dans le blâme qui atteint cette horreur instinctive du bien : « ce que nous ne le pouvons faire, dit Calvin en parlant de l’obéissancé à la loi, c’est de notre vice. Car, si nous sommes détenus comme liés de notre cupidité, en laquelle règne péché, pour n’être libres à obéir à notre Père, il ne nous faut pour notre défense alléguer cette nécessité de laquelle le mal est en dedans de nous et nous est à imputer » (2).
Il est évident que cette conception de la responsabilité heurte de front le préjugé paradoxal en vertu duquel la culpabilité serait en raison inverse de la perversité, mais elle s’appuie sur les données les plus immédiates et
les plus spontanées de la conscience, sérieusement inter-
VInst.chr., 1.5, 25ed 1539277.