‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 53 sur 60 · Inst. chr., II, 23, 2 ; éd · texte numérisé non relu

Inst. chr., II, 23, 2 ; éd

de sa volonté mystérieuse, cause derniére de toutes choses, expression de sa justice absolue, l’arme suprême contre de telles pensées. Quant à ceux qui ne reculent pas devant le blasphème, « le Seigneur se défendra assez par sa justice, sans que nous lui servions d’avocats, quand en Ôtant toutes tergiversations à leurs consciences, il les prescrira et convaincra jusque-là qu’elles ne pourront échapper (1) ». Ce n’est pas que Calvin admette « la réverie des théologiens papistes touchant la puissance absolue dé Dieu (2) » mais il affirme que Dieu ne nous doit aucune explication, parce que nous ne sommes pas actuellement capables de le comprendre. « Nous disons cependant que Dieu n’est pas comptable envers nous, pour rendre raison de ce qu'il fait, et d'autre part, nous ne sommes pas juges idoines pour prononcer de cette matière selon notre sens (3). » Mais le silence encouragerait les attaques de l’impiété. Aussi, dans Sa parole, Dieu consent-il à dicter à ses fidèles les explications qu’il juge suffisantes pour défendre son honneur.

La question est celle-ci : pourquoi Dieu prédestine-t-il à supporter le poids de son courroux des êtres qui n’avaient pu le mériter, puisqu'ils n’existaient pas encore? Mais répond Calvin, puisque tous les hommes sont corrompus et qu’ils sont, à cause de.cette corruption, dignes

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