Inst. chr., III, 23, 2 ; éd
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de haine, «il ne se peut faire que Dieu ne nous ait en haine, et ce non pas d’une cruauté tyrannique, mais par une équité raisonnable » (1). Si doncla condamnation est justifiée ultérieurement par le péché, de quelle injustice peuvent se plaindre des pécheurs, qui méritentréellement par leurs vices actuels la damnation dont ils sontmenacés ?
« Que tous les enfants d'Adam viennent en avant pour contendre et débattre contre leur créateur, de ce que par sa providence éternelle, ils ont été dévouëés à calamité perpétuelle : quand Dieu, au contraire, les aura amenés à se reconnaître, que pourront-ils murmurer contre cela ? S’ils sont tous pris d’une masse corrompue, ce n’est point de merveilles s'ils sont assujettis à damnation. Qu'ils n’accusent point donc Dieu d’iniquité d'autant que, par son jugement éternel, ils sont adonnés à damnation, à laquelle leur nature même les mène, ce qu’ils sentent malgré qu'ils en aient. Dont il appert combien leur appétit de se rebecquer est pervers, vu qu’à leur escient,. ils suppriment ce qu’ils sont contraints de reconnaître, c’est qu’ils trouvent la cause de leur damnation en eux {?). Ainsi quoi qu’ils pallient, ils ne se peuvent absoudre. ‘Quand donc je leur confesserais cent fois, ce qui est très vrai, que Dieu est auteur de leur damnation, ils n’effaceront point pourtant leur crime, lequel est engravé en leur conscience et leur vient devant les yeux chacune fois » (3). En d’autres termes, nous ne sommes pas des
4. Inst. chrét., III. 23. 3 ; éd. 1539. 8. 14. . La cause prochaine ou la raison suffisante.
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3. Inst. chr., III, 23, 3. La première partie de cette citation (jus-
innocents destinés à recevoir un châtiment immérité; mais nous sommes au contraire destinés à mériter réellement et de l’aveu de notre propre conscience la mort éternelle dont notre injustice nous rend dignes. Ce qui ait qu'aucun homme ne peut prétendre qu’on lui fasse tort en le châtiant.
Mais, réplique-t-on aussitôt, liniquité dont nous sommes les victimes ne gît-elle pas précisément en ceci, que nous avons été prédestinés, sans l’avoir mérité, à mériter la colère divine? « Ils répliquent derechef, à savoir s'ils n’avaient point été prédestinés par ordonnance de Dieu à cette corruption, laquelle nous disons être cause de leur ruine. Car si ainsi est, quand ils périssent en leur corruption, ce n’est autre chose sinon qu’ils portent la calamité en laquelle Adam, par le vouloir de Dieu, est trébuché et à précipité tous ses successeurs. Dieu sera-t-il donc injuste de se jouer ainsi cruellement de ses créatures (1)? »
Calvin répond en confessant que, comme en effet la chute et le péché originel découlent du décret de Dieu, on est amené en dernière analyse à « revenir au seul plaisir de Dieu, duquel il tient la cause cachée en soimême (2). » Mais qu’on ne se hâte pas de crier victoire. Cela n’implique pas le triomphe des adversaires : l’apôtre Paul nous fournit la réfutation de leur objection. « O
qu'à :.… malgré qu'ils en aient inclusivement) est seule dans l’éd.1539 (8, 14).