‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 7 sur 60 · Inst Chr: Ill, 2. 11:,éd · texte numérisé non relu

Inst Chr: Ill, 2. 11:,éd

= 0 = Dieu ; car, dit-il, nous sommes loués pour la vertu et nous glorifions en icelle, ce qui ne se ferait point, si elle était don de Dieu et ne venaitde nous... l'opinion de tout le monde est qu’on doit demander à Dieu les biens temporels mais que chacun doit chercher sagesse en soi » (1). Dans la pratique, le pélagianisme catholique à rabaissé considérablement l'idéal moral (2). Le génie profondément religieux du réformateur a été révolté par les prétentions de l’orgueil humain et il à voulu en tarir définitivement la source, en Ôtant à l’homme toute part dans l’œuvre du salut et partant tout sujet de se glorifier. 11 ne suffisait pas, en effet, de dire que l’homme est sauvé par la foi seule; pour lui ôter tout mérite (3), il fallait encore montrer que la foi n’était pas, comme on la prétendu de nos jours, une œuvre de l’homme, mais qu’elle est le don gratuit de la libre grâce de Dieu, qui la donne à qui bon lui semble, sans avoir égard à nos prétendus mérites. En affirmant la prédestination, Calvin a été uniquement préoccupé de donner satisfaction à l'instinct primordial de tout homme religieux : affirmer le néant absolu de la créature et faire remonter à Dieu toute la

4. Cic. de nat. deor. lib. 3, cité par Calvin. Znst. Chr.Il. 2, 3.

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3. « Or s’il y avait la moindre faculté du monde en nous il y aurait aussi quelques portions de mérite, mais afin de nous épuiser du tout, il argue que nous n’avons pu rien mériter, d'autant que nous sommes créès en Jésus-Christ pour faire bonnes œuvres lesquelles Dieu a préparées ; en quoi il signifie de ce chef que depuis le premier mouvement jusqu’à la dernière persévérance le bien que nous fai-

sons est de Dieu en toutes ses parties » Inst. Chr.Il, 3. 6.

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gloire et tout l’honneur des efforts que l’homme accomplit en vue de son salut et de sa sanctification. « Jamais nous ne serons clairement persuadés comme il est requis que la source de notre salut soit la miséricorde gratuite de Dieu, jusqu’à ce que son élection éternelle nous soit quant et quant liquide, par ce qu’elle éclaircit par comparaison la grâce de Dieu, en ce qu’il adopte pas indifféremment tout le monde en l’espérance de salut, mais : donne aux uns ce qu’il dénie aux autres. Chacun confesse combien l’ignorance de ce principe diminue la gloire de Dieu et combien aussi elle retranche de la vraie humilité, c’est de ne point mettre la cause de notre salut en Dieu seul. Ceux qui ferment la porte à ce qu'on ose point approcher pour goûter cette doctrine ne font pas moins injure aux hommes qu’à Dieu, parce que rien ne suffira, sans Ce point, à nous humilier dûment et ne sentirons point assez de cœur, combien nous sommes obligés à Dien CTnsi Chr; All. 24,4 (1).

Mais le sentiment religieux ne réside pas uniquement dans le sentiment de la dépendance, qui n’en est, pour ainsi dire, que le côté passif. L'homme écrasé et vaincu, courbé sous le joug de sa propre nature et de son propre péché, « sent qu’il faut qu’il sortehors de soi et qu’il cher- Che ailleurs son secours » (2). Il asoifdesalut et de délivrance, et c’est encore pour répondre à ce besoin que Calvin veut qu’on enseigne la prédestination. Pour don-

1, Voir encore De ælerna Dei prœd, Opp: Catv. Vol VIT, p. 260 et 261. el passim.

ln CONTI: 20, dd 1530N071%

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ner à la certitude subjective du pardon une rigueur inflexible, il a cru qu’il était nécessaire de la faire reposer sur la connaissance d’un décret éternel et absolu : « de fait, Christ nous est témoin que nous n’avons nulle droite fermeté, ni fiance ailleurs, car pour nous assurer et délivrer de crainte entre tant de périls, embüûches et assauts mortels, bref pour nous rendre invincibles, il promet que tout ce qui lui a été donné en garde par le Père ne périra point, dont nous avons à recueillir que tous ceux qui ne se connaissent point être du peuple péculier de Dieu, sont misérables d’autant qu’ils sont en tremblement continuel (1). » Enlever à l’homme jusqu’à l’ombre du moindre mérite et Phumilier ainsi entièrement devant son Dieu, puis donner à l’assurance du salut une base inébranlable, telle est la double considération qui à poussé Calvin à faire du dogme de la prédestination le fondement de sa théologie, et cela dès la première édition de son Znslilulion Chrèlienne en 1536 (2). Calvin a

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2. « Paulus ait in architectura christiancæ doctrinæ relinendum fondamentum quod posuitl. Quale autem istud fundamentum ? an quod Jesus Christus inilium fuit nostræ salutis et quod viam nobis apperuil, cum nobis meruil occasionem merendi? Minime. Sed quod in eo electi ab ætlerno sumus ante mundi constitutionem, | nullo nostro merilo, sed secundum propositum beneplacientiæ Dei... quod ii (Christo) a patre in custodiam dati sumus ne unquam pereamus aut excidamus, etc. » Inst. Chr., 1536, Opp. cate., vol. I, p. 51. Calvin dans cette première édition de l’Znstitution, qui sous cette première forme est plutôt un grand catéchisme qu'une

dogmatique, traite de la prédestination en expliquant l’article du sym-

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