‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 9 sur 60 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

S 1. — Za Providence.

Nous n’avons pas la prétention de donner une exposition complète du système de Calvin. Nous nous en tiendrons, autant que possible, à ce qui touche directement la question spéciale, que nous avons à examiner, et nous ne dirons que ce qui paraîtra absolument nécessaire pour montrer la conciliation effectuée par Calvin entre son déterminisme et la responsabilité.

En présence des affirmations si nettes du réform ateur, on à quelquefois exprimé des doutes (1) sur la réalité de Son délerminisme, il importe d’écarter absolument cet étonnant préjugé.

Le déterminisme de Calvin est aussi rigoureux, aussi absolu que possible. La notion du libre arbitre proprement dit, c’est-à-dire du pouvoir de se décider entre deux alternatives également possibles, a été entièrement étran-

gère à la pensée du réformateur; elle ne lui est apparue

1. La morale de Calvin d'après l'Inst. chrét., par S, Nazelle Lausanne, 1882, Deuxième partie, chap. II, $ 2.

Hors

que comme une subtilité philosophique aussi abstruse qu’inutile (1), à laquelle il ne juge pas à propos de s’arrêter. Il la connaît pourtant et nous paraît l’avoir exposée avec une exactitude suffisante : « Ils (les philosophes) disent que l’entendement humain à en soi raison pour conduire l’homme à bien vivre... cependant ils disent bien qu'il y a un mouvement inférieur lequel est appelé sens (sensibilité) par lequel il est diverti et distrait en erreur... ils constituent la volonté entre la raison et le sens c’est à savoir ayant liberté d’obtempérer à raison si bon lui semble, ou de s’adonner au sens (2). » Quant à la liberté d’indifférence, surtout appliquée à Dieu, ily voit une monstrueuse etimmorale absurdité, indigne de fixer

l'attention du penseur (3).

4. «Il ne nous faut ici arrêter à ce qu’en dispute Aristote trop subtilement qu’il n’y a nul mouvement propre et de soi en l'intelligence, mais que c’est l'élection qui meut l’homme. Il nous doit suffire sans nous empètrer en questions superflues que l’entendement est comme gouverneur et capitaine de l'âme, etc. » Inst. Chr., I, 15, 7; Ed. 1539, 2, 19.11 convient d'ajouter que la notion du libre arbitre qu’il discute (Inst. Chr., Il, ?, 5 et 6), ne ressemble en général que d'assez loin à celle du libre arbitre proprement dit.

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