‹ Le détour; comédie en trois actesChapitre 11 sur 69 · JACQUELINE, LA PRINC^ESSE · texte numérisé non relu

JACQUELINE, LA PRINC^ESSE

LA PRINCESSE. — Mou pauvro petit Jack !

Je te comprends, va ! Ce Nissol est un petit galopin, un aventurier!... Mais aussi, Raymonde est incroyable! Pour ce vaurien, elle...

JACQUELINE. — Ah! je vous en prie... je suis excédée.

LA PRINCESSE, s' asseyant tout près de Jcicqueline qui s^est jetée dans un rocking-chair. — ' Oui, oui, je f^ais ce que tu éprouves, je -connais ta nature à fond, Pas plus tard que ce matin, je disais à Emma : Jacqueline, c'est moi à dix-neuf ans, moi tout entière!... Oui, jusqu'à ces grands yeux qui deviennent tout noirs dans la colère, jusqu'à ce petit duvet sur la lèvre... C'est curieux, hein?

Elle caresse la figure de Jacqueline.

JACQUELINE, détournant la tête. — En effet, c'est assez...

LA PRINCESSE. — Tu OS uuc vraïe femme, toi, fière d'être femme, jalouse de ses droits. Alors, iî y a des compromissions, des servitudes qui t'écœurent, qui t'indignent. N'estce pas que je te comprends ?

JACQUELINE. — ■ Mais, princesse, je ne>roiff pas que ces motifs soient tout à fait ceux...

LA PRINCESSE. — Mais si, mais si ! Tu B^ te rends pas, compte.

JACQUELINE. — Je me sens surtout découragée. Voilà.

LA PRINCESSE. — Découragéo, parfaite- , ment! C'est ce que je dis! Tu n'en peux plus. Tu découvres que la lutte est inutile et que jamais tu ne t'arrangeras de la vie que tu mènes ici...

Ah! ah! je l'ai prévu, il y a b e a u temps, qu'un jour, tout à coup, tu perdrais patience.

JACQUELI- NE. — Mais, princesse, je ne...

LA PRIN- CESSE. — . Oh !

tant pis! Du moment que tu as vu clair en toi-même, je n'ai plus de raison do c a c h e 1- ma pensée! J'aime beaucoup

I^aymonde, c'est ma meilleure amie, mais^ ta mère et toi, vous n'êtes pas de la même espèce. Vous n'êtes pas de la même race de femmes. Toi, on ne te met pas en cage,.

tu e-; une indomptable... Tu aspires à vivre par toi-même... enfin, pour toi-même, à t*a guise, sans entrave... Tiens, je ne comprends pas que tu habites ici ! Tu devrais t'installer de ton côté.

JACQUELINE, sourtant. — Quelle idée! Vi'aiment, je ne suis pas très tenue, ni très...

LA PRINCESSE. — Nou, mais tout ce qui sepasse dans cette maison te blesse et mille dans... Coanment dire?., gueil de femme î

JACQUELINE. — Vous exagérez. Je ne suis pas si malheureuse! Et puis, j'ai horreur de 1p- solitude.

LA PRINCESSE. — Qui te parle de solitud^P Est-ce que je vis seule, moi P Vois-tu, il tefaudrait une existence comme la mienne...

Ah! la bonne petite existence que nous me^ nons, Emma et moi! Si tu savais... Jamais une scène, jamais un mot désagréable!. Et

LA PRINCESSE. — Ouï, ouï, JK

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