‹ Le détour; comédie en trois actesChapitre 13 sur 69 · UNE ALLURE PAREILLE · texte numérisé non relu

UNE ALLURE PAREILLE

Fréd!... Ahl par exempte, il faut que je Feûib rasée!

Accolade

"ÉISXD, à Jacq'weïine, — Si le cœur voue en

/ arAè^Éiitt^ , — NdH , rhetùi ! J^è' ■■U' a»è' pà§ les embrassades, moi î Tenez, je Vàîù^ oS^ ihèt Miiti a bài^é¥. M p véMh inst^^ :^ans mon fauteuil ' -

LÀ' PBiNCË^^. — ^1 bien, ûtùt 'pénrre a;mî?

tnm. — Eîi M'en, toiîà.

LA PRiNCESi^Ê — fl ïi'efet péd ^^ pBbt, n'fest-ôe pâis\ Le Meillah? (A Fréâ.) Tous avez beaucoup souffert?

vti^t). — Vous poitVèz le dïre!

LE METLLAN. — C'est sa ja'mbe strrtbtit éfïiii. nous a do 11 hé du tintouin Le bras...

JACQUELINE. — Aussi, on n'a pas idée de se casser le br^is et la jambe! Ôïi se càêèe le bras" ou la jambe

FiiKi) — J'ai eu de la chance de tië pas me casser la gueule!

LE MEILLAN — Je crois bien ! A une allure pareille!.. Tu allais comme en course?

FRED — ■ A peu près Nous essayions deux chevaux, Porte Bonheur et Choléra. Moi, je montais Porte Bonheur.

JACQUELINE. — Heureusemcut !

FRED — Un sauteur épatant! Il n'avait jamais fait une faute de sa vie. Je ne sais pas ce qu' lui a pris, il a bourré dans une . pet -te haie de rien du tout, et nous nous gommes plaqués tous les deux, mon canard et moi.

LE MEILLAN. — Toi des'sous.

FRED — Moi dessous

LA pRiNCESsï:. — Mon Dieu ! mon ï>ieu ! ,

FREt» — Vous pouvez le dite! 11 y a-vait sur le teriain d'entraîném'ént le vétérinaire Puff qui causait avec un la'd. Ils sont àfriViés au galop pour me ramasser. Quand le ga^Tû a vu que je gigotais et que je parîâîg, son premier mot a été : (t J'ai perdli'! » Il a\^âit pané une thune au vétérinaire que fêtais tué!

LA PRINCESSE. — Je devais accompagner Raymonde et Le Meillan, la semaine dét' nière^ lorsqu'ils sont allés vous voir. Maïs au dernier moment figurez-vous que ..

LE MEILLAN — Oui, ouî, j^ai expUqùé à Fred-

LA PRINCESSE — Il a dû rester terriblement seul, ce malheureux !

JACQUELINE — Mais non Nous avons fait le voyage de Neuilly à Chantilly, au moins six fois! "

LE MEILLAN — Et lïîoi, je Imî ai tenu fidèlement compagni-e! \, "

FRED. — Oui, roncl^ u été aissez olio^êiÈte.

LE METLLAK. — Je ^is sfflé te T«6il!' %bnû^ les jours.

Le Meillan. — Bonjour, beauté.

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FKED, — Nous passions notre temps à jouer à l'écarté. Vous savez, avec une main, ça n'est pas trop commode. Alors, mon valet de dhambre tenait les cartes et je lui indiquais du doigt ce qu'il fallait jouer,

JACQUELITŒ. — - Ingénieux!

FRED. — Coûteux au-ssi. Je ne sais pas qui, de mon domestique ou de moi, avait la guigne...

LA PRINCESSE. — Ah! ne dites pas ce motlà!

FRED. — Mais, en trois Gemr.iiies, mon bon oncle m\a gagné soixante-douze mille francs.

JACQUELINE, — Pour uuc convalcscence, c'est honorable.

LE MBiLLAN. — Tu as la rage, toi, de raconter les histoires de jeu ! Ça n'intéresse personne !

FRED, sourire de côté. — C'e^t pour qu'on sache que je ne me suis pas ennuyé.

JACQUELINE:. — Votre oncle non plus!

FRED, — Vous pouvez le dire!

• LA rRiNORSSE. — Vraiment, des différences pareilles entre gens de la même famille, c'est inouï! Fred a beau être très rjche...

FRED. — Oh! nous en avons vu bien d'autres, hein, l'onôle?

LA PRINCESSE. — Je ne vous comprends pae. Le Meillan !

LE MEILLAN, PoUrqUOi ?

JACQUELINE, clehoul î^ifT 1(1 halonçoive. — Eh bien, moi, je trouve Le Meillan un homme supérieur. Le Meillan est le Brutus des grands bars. Il vous l'a tisse trois mille louis à son neveu, sans une larme. Le devoir d'abord, la famille après! (Tapotant avec sa raquette, sur la tête (h l\e Meillan.) Moi, je t ' est i m e , mon v i e u x rom a i n !

LE MEILLAN. — Fred est mon héritier, tout ça lui reviendra après ma mort.

JACQUELINE. — Alors, VOUS pouvcz bien, de votre vivant; l'aider à faire des bêti^.^.

LE MEILLAN. — Pardou ! Mon neveu ,

orphelin, j'ai donc charge d'âme. J'ai choisi •le mode de surveillance le plus pratique et le moins fastidieux : je suis le camarade de Fred, Le jour où il marchera trop fort, je lui fais coller un conseil judiciaire.

JACQUELINE. — Oui. quaud il ne lui restera plus rien. Pour roxcmple.

LE MEILLAN. — Kst-ello méchnutc!

FRED. — Ne taquinez donc pas l'oncle!

Vous feriez mieux de nous offrir un whisky.

Je crève de soif !

LA PRINCESSE , — Moi ausisi !

JACQUELINE

vît ici, hein?

FRED. — Mais non ! Pourquoi tout ce dérangement:' Allons à la villa. (.Il se Une f^ nihlement.) Hou!... Il n'y a paiS, ça me faiî encore mal!

JACQUELINE. — Prenez mon bras, noble éclopé.

LA PRINCESSE, de V Qulre côté. — Et mien aussi.

JACQUELINE. — C'est touchant!

FRED. — Vous pouvez le dire!... Ne me soutenez pas comme ça ! Je ne suis pas infirme, tout de même.

LE MEILLAN. — Si, si, appuic-toi !

FRED. — ■ Viens-tu, l'oncle? On va faire un écarté,

LE MEILLAN. — ïout de suitc. Je vois Raymonde qui arrive... Allez toujours!

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