‹ Le détour; comédie en trois actesChapitre 14 sur 69 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

C'est vrai? On se fait ser-

RAYMONDE, LE MEILLAN, puis JACQUELINE

LE METLLAN. — Boujour, Beauté.

RAYMONDE. — ■ BoUJOUr.

ijL MEILLAN. — H y a du moudc au tennis?

RAYMONDE, pliis quc sèchemcut — Il n'y^a personne. Pourquoi !

LE MEILLAN — Parce que tu en viens- D'où soris-tu, alors?

RAYMONDE, a'ujrcmeut — - Quoi, c'est un interrogatoire ?

LE MEILLAN. — Oh! 'Bcauté, vous me paraissez dans un de vos mauvais jours!

RAYMONDE. — C'est agaçant aussi d'être toujours traitée comme une enfant de huit ans. J'ai reconduit jusqu'à la grille Cyril qui allait faire une course et qui revient. ^Ml Xous avons passé par cette -allée, pendanpfc t{.^e vous arriviez par l'autre. Etes-^vous 'Cob- , tent ?

LE MEILLAN. — Je suis ravi. Tu as tort^ Raymonde, d'être si peu gentille avec moi.

Aujourd'hui surtout

RAYMONDE. — Parco quc ?

LE MEILLAN. — J'ai été tantôt ohez Dou« cet. Mes compliments, tu as une note...

RAYMONDE. — Je VOUS en prie, pas de morale ! Le jour est mal choisi. Allez-vous verser à Doucet l'acompte qu'il a demandé?

LE MEILLAN. — Je n'ai pas d'argent.

RAYMONDE. — Emprunt ez-eu à votre né« veu. Un peu plus, un peu moins!...

LB MEILLAN. — Ma chère amie, ménage • -tes expressions., Tu sais très bien que je suis 'Complètement ruiné.

RAYMONDE. — H y a .cinq ans que tu le ré- . pètes-

LE METLLAN. — H J a cinq ans que c'est ^vrai.

RAYMONDE. — Ça ne vous a j-amais empe- ^ûhé de dépenser deux cent mille francs par

LE MEILLAN. — Tiens, mkcii\n'ie.

d'être un peu plus raisonnable... oui, pour les toilettes...

RAYMONDE. — Je te le jure!... D'abord, j'ai bien assez de robes pour cette année ! Je ne m'en fais plus faire une seule.

JACQUELINE^ venant de gauche, un livre à la main. — Maman, on apporte une robe de chez Doucet.

RAYMONDE. — J'y vais.

LE MEILLAN. — Eiicore uno robe!

RAYMONDE. — Maïs non, mais non! Un peignoir, un petit peignoir très simple... J'en avais absolument besoin. Du reste, ne vous inquiétez pas, j'en fais mon affaire.

jacquelint:, lui barrant la sortie. — On ne passe pas !

RAYMONDE — Laissc-moi, Jacqueline,

JACQUELINE. — Tl n'y a pas de Jacqueline!

Regarde-moi!... C'est à cause de notre petite discussion de tout à l'heure que tu as du chagrin ?

RAYMONDE. — Non, non!

JACQUELIN-E. — Aloj'p, embrassez votre fille immédiatement! (B(tiser.) Mieux que ça!

(Rehaiser.) Encore mieux!

RAYMONDE . — Là !.. .

JACQUELINE. — Bien, vous pouvez circuler.

RAYMONDE. — Je te crois un pou toquée !

JACQUELINE. — Jc ne suis pas toquée du tout, je suis très gentille, et tu m^adore)S.

-an. Il n'y a pas de raison pour que ça oesee.

LE ME n, LAN — Tîeus, méchante, voici ta facture acquittée... Ce n'est pas un acompte que j'ai versé, c'est la somme entière. Allons, injurie-moi encore un peu! Vas-y!

RAYMONDE. — Eh bien! ca, c'est gentil, par exemple! Je te remercie, François. Et sincèrement! Je m'en souviendrai. Oh! je le sais bien, que tu as un cœur exquis... C'est bon, v^a, de se sentir une amitié comme la tienne naux heures oii... je veux dire quand...

-quaad... quand tout le monde... Enfin, je suis émue... je te jure que j'en suis émue... .émue aux larmes, tiens!...

Klle pleure.

LE MEILLAN. — Mais, Rajonoude, qu'est-ce -qui te prend? Voyons, Raymonde, explique omoi au moins!... Que s'ast-il passé?

RAYMONDE. — Rien... Je suis souffranrte, ■aujourd'hui... Il ne faut pas m'en vouloir... .J'ai eu une petite querelle avec Jacqueline... Et puis mes névralgies me reprennent depuis quelques jours. Il ne faut pas faire atten- ^tion... C'est fini... Je te remercie encore!

XE MEILLAN. — Prometsr-moi seulement

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