‹ Le détour; comédie en trois actesChapitre 23 sur 69 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MADAME EOUSSEAI, JACQUELINE,

LUCIENNE, puis ROUSSEAF

Xous voilà b!"auillé> j'espère :

MADAME ROUHSEAr.

avec die !

LUCIENNE. — Tu t'oil lUOquO-^

Cne femme qui a assassin j son mari :

MADAME uor?i:>KAr. — Lucienne, tiii^^-toi !

Tu devrais être hoaitfMi-e do tenir de pareiJs propos 1

LuciE.NNE. — Voyon^<, iiiaiiian, tu sais aussi bien que moi que M. Pradès e«t mo}'t empobîonné et que si M. Laboucharde n'avait pas é.^é sénateur...

MA[j\ME lîoussEAr:, — En tout cas, nous ne sommes sures de rien et la calomnie est u.ne chose aboininable. {Entre M. Itousseau.) Elle est pai-tie Y

ROUSSEAT', — Oui, elle m'a accablé de protestations d'amitié pour toi. Eh bien! rlaequeliue, êtes-vous contente de nous?

JACQUELINE. — Je suis surtout navrée de l'incident.

RoçrssEAU, — Que signifient ces réticences?

Tout à riieure. vous m'auriez en^^éclié de dire ison l'ait à M'"^' .l*radès î

JACQUELINE. — Yous ne le disiez pas qu'à elle.

MAixAME ROUSSEAU. — Remarquez avec quel soin mon mari évite et é^iteT-a toujours de prononcer devant des tiei\s le nom d'une certaine personne.

JACQUELINE. — Cette personne est ma ;imère, et je ne peux pas admettre que...

ROUSSEAU — Ma chère enfant, il suffit!

A l'avenir, je vous serais recon.nai.v.snnt k1' imiter rexeraple de votre maii et de \()us en rapporter oTitièi'emfuit à ma raison et à mou expérience. En vous accueillant :,(irs mon toit, j'ai assu'né vi-:-à-vi^ de la fnni^i'e dont je suis le chef une ^ro-^e respoîisnbili' ■'. Je l'ai assumée parce que ma conscic^n e LiTa crié : ■:< Cette jeune fdle ne doit pas suppor-

ter le fardeau des péchés d'autrui ! » Je vous le répète, Jacqueline, vous êtes notre égale devant Dieu et...

JACQUELINE. — Mais oui; mon père! J'en suis aussi convaincue que vous.

MADAME ROUSSEAU. — Vous en êtos convaincue^ soit ! Mais, hélas ! la majorité d^^^ gens pense tout autrement, A votre, place, ma obère petite, je montrerais un peu de reconnaissance aux êtres qui m'ont tendu leurs bras si loyalement et ouvert si" complètement leurs cœurs.

JACQUELINE. — Vous faites et vous fere; votre devoir. Je n'en ai jamais douté.

ROUSSEAU. — ■ Parfaitement, nous faisons notre devoir et nous continuerons. Seulement, nous voulons T accomplir, ce devoir, dans sa plénitude. Il ne faut pas, Jacqueline, fuir le bon combat!

JACQUELINE. — Mais il ne s'agit pas de...

ROUSSEAU. — Laissez-moi donc parler!

Yons préféreriez vous dérober. Je suis plus (orgueilleux, moi, et je juge plus digne, plus grand, de vous prendre par la main et de dire à tous ces pharisiens : u Voici ma fille. Que m'importent sa naiissance, ses parents, ses relations' Voici ma fille! » Vous voyez qu'on peut remplir un même devoir de façon plus ou moins haute. Me comprenez- vous e,t • m'approuvez-vous, ma chère enfant?

JACQT^ELÏNE, résignée. — 'Oui, mon père.

Un silence.

LUCTENNn:. — Maman, il serait temps de finir de t'habiller! Et toi aussi, papa.

M. Boissy ne tardera pas.

MADAME ROUSSEAU. — Cette petite a raison. Eh bien! viens m'aider, c'est ton tourl

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