ARMAND. — J'ÉTAIS
INFORMÉ DE VOTRE A.RR[Vr:E.
JACQUELINE. — Je u'ai sou.scrit a aucuiie convention d'aucune -soi te Tu ne m'as pas fait l'injure do m'en piopo-er.
ARMAND. — Je te demande pardon...
RAi^MONDJ!]. — Ma elii'ro enfajit, je préfère me retirer.
jACQrELîNE. — Maman, le phi8 grand chagrin que tu pouiiais ino causeï", serait de t'en aller. Je te suppiie de rester. {A Armand-) Je n'ai pris qu'un engagement, celui de me conduire en honnête femme. Je l'ai tenu, et je le tiendi-ai. Je suis aussi sou- " cieuse que toi de ta dignité. Mais quant à aiaman, n'espère pas rue détacher d'elle. Une fois pour toutes, je te le déclare : quand il se présentera pour moi nue <XTaision de la voir, j'entends en profiter, comme c'est le droit d'une lille qui pi me sa mère.
ARMAND. — ■ Oui ?
JACXjuELiNT^:. "Oui! Tu sais combien j'ai fait effort ces temps derniers pour me montrer conciliante et même soumise ; n'en abuse pas ! Ton • père a eu tout à l'heuie vis-à-vis de maman une attitude plus qu'étrange, et j'espère que tu feras ton possible pour...
ARMAND^ éclatant. — Je ferai ce que bon me semblera! Je suis le maitre chez moi.
RAYMONDE — Si j'avais prévu un instant ■que ma visita pouvait causer...
ARMAND — Il était facile de tout prévoir,
madame ! Vous saviez quelles difficultés et ' quelles résistances votre fille a, par votrQ fait, rencontrées de toutes parts dans notre monde.
RAYMONDE. -- Mais, j'ignorais absolument...
ARMAND. — Jacqueline vous a pourtant tenue au courant de nos histoires de famille... de ses brouilles...
JACQUELINE. — Je ii'ai rien écrit à maman qui pût lui.faii-e de la peine- Il faut un homme comme toi pour....
ARMAND. — Un homme comme moi!...
Qu'est-ce que ça veut dire un homme comme moi?... Je suis tout simplement un lumime qui est las de se faire montrer au v[()i.gt! Appelle-moi un pauvre esprit, un ^ oiirgeois, ça m'embête qu'on puisse me jeter à la figure un tas d'histoires dont je ne suiis pa-s responsable!
JACQUELINE. — Personne ne t'a prié de m' épouser.
A iiii AND . — Hein?... Q u< >i ? .
t'ai épousée, et si je travaille hliei" le pas;sc, je suis bien dans
Enfin, je a faire oumon droit,
je pense!... Ta mère nous a fait suffisamment de mal sans venir compliquer les choses ])aj' sa préii^ence !
JACQrELiMi, — Pardon, maman, de t'avoir e.\ posée aux grossièi'eté^s de ces gens...
AiiMAND, — Ces gens! l^ien n'éiait plus aisé que do no pas les rencontrer, et si ta mère avait eu pour deux sous de sens moral...
que sa iiicre retient. — Tu oses...
RAYMOND!
— Ecoutez - moi, monsieur!... Et toi, Jacqueline, écoute-moi. Quelque dures que soient les paroles de ton mari à mon égard, je suis bien forcée d e m e r e n d r e compte qu'il n'a pas tout à fait
tort, qu'il veut ton bonheur, au fond, et que moi je suis le grand obstacle.
JACQUELINE, en larmes. — Mais, maman...
RAYMONDE.. — Mou Jack chéri, tu as un
RAYMONDE. - Mais, j'igno-
D\1S U'S^OLUMENT..
',1 V ■^H-'-^'^'-v''Vi'?ï-t, *.•-..
«xeui adorable, et tu -as voulu m' épargner un chagrin... Je ne te reproche pas de m' avoir caché la vérité, je me reproche de ne pais l'avoir devinée... Si je n'étais pas demeurée une tête folle, si je t'avais aimée aussi bien que tu m'aimes, notre yacht aurait passé au large de Cherbourg, et je t'aurais épargné
mais courageusement, et \)our ne pins reve^ ■ nir, tu éprouveras une petite joie au milieu de ta peine. Tu penseras que parce qu'il s'agissait de toi, j'ai tâché de faire ce que je devais, et tu verras... tu seras contente de ne plus m 'aimer que pour mes faiblesses.
JACQUELINE. — Tu ne vas pas me quitter
EAYMONDE.
Il faut me laisser partir.
nouvelles, car je tu avais pleuré
des larmes, des larmes viens de comprendre que beaucoup à cause de moi.
JACQUELiNB. — Mais, maman, je te jure...
RAYMONDE. - Il faut me laisser partir, ma petite Jacqueline. D'abord, quand tu te rappelleras que je suis partie bien navrée,
ainsi... tout de suite... Je ne veux pas-.v RAYMONDE. — Jack, après ce que je t'ai dit, je suis sûre que tu ne me retiendras plus. (Embrassant Jacqueline^ qui s\acc roche à elle.) Au revoir, mon ohéri...
Laisse-moi... Il faut me laisser!.,. Adieu^ monsieur.
' 56 ' Le DéÈouî
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ABMAND. — Perni Gîtez-moi de vous reconduire^ mada^ne.
Ray monde sort.
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