THIBAULT
vous ai dit...
tions...
LE PERE DE SILVIAN. — Toutj eu vérité?»^ Réfléchis ! Interroge-toi ! . . .
THIBAULT. — Mais ouî... (Ëtonné.) tout!... Mon père, je ne saisis pas...
LE PERE DE. SILVIAN. — Il n'est bien ques- ^ tion que de confier une femme inifo'rtunée h ma vigilance, à mon humble et meilleur dévouement ?
THIBAULT. — Certes!...*
LE PÈRE DE SILVIAN. — Pourtant, tu nn doutais pas que l'un et l'autre ne lui fussent parfaitement acquis?...
THIBAULT. — En vous avertissant, j'ai voulu que votre sollicitude s'exerçât dèjs la première minute... Je souhaite que ma mère n'apprenne son malheur que de vos leurres, qu'à travers vos précautions...**
LE PÈRE DE SILVIAN. Et aUCUU SOUCÎ BO
te guide, hors celui-là? Nul autre motif de réclamer un prêtre, de lui dévoiler ton deeaein?
THIBAULT. — Quel motif, enfin, me supposez-vous ?
LE PÈRE DE SILVIAN. MoU fils... UU
sourd désir d'être dissuadé.
THIBAULT. — Vous VOUS trom,pezî... Le sentiment que, bientôt, je ne serai plu?, ne m'inspire aucune répulsion, aucun effroi.
LE PÈRE DE SILVIAN. — Oh! tu Bs bîave!...
Tu ne crains pas de mourir!... Tu crains que mourir ne soit pas brave.
THIBAULT. — - Non... Vous me prêtez un scrupule que je n'éprouve pas. Je sais que l'Eg'lise regarde le suicide comme une lâcheté, mais...
LE PÈRE DE SILVIAN. — Aiusi, Thîbauît, tu estimes qu'il est courageux à un anti*sémite de se tourner subitement contre son parti, de fournir à la cause juive une oeeasion inattendue de triomphe?
THIBAULT. — Mon père, j'en suis, pour la seconde fois, à ne plus comprendre!...
LE PÈRE DE SILVIAN. — Le oas cst limpide, pourtant! Depuis ton âge d'homme, tu as combattu les juifs, leur race, lëiif ei^ \ prit... Mfm ministère a blâmé la viojeijce de ton oeu\'re, mais je dois convenir que tes intentions n'avaient jamais r-eissé d'être profondément chrétiennes. C'éWit le drapeau de la religion que. tu levais
*A la représentation, il est préférable da supprimer les deux répliques qui suivent.
** A la représentation, reprendre ici*. ^^'