QUE
m? Il .
soit opposées.,, étrangères... C'est "Saà ^^, Ç*»-- <5*eet mon sort... Je n'insiste
^«^'i'fe^
sistô pouî' que v^us renoncieis* à <M^ejK]liJl#^^^,
Cîoaditioins^ ii faut fwH' ait feifc.'i .
THIBAULT. -^ Oh 1 monsieur, dé grâc^^*,.! ;'
GUTUEB. — Si! Il faut que nous noiifi ' b9,ttioasI... / ,
THX&ADijq. — A aucun prix r *
GUTLiEB. — Mais c'est votre intérêt qu^ je défends, votre intérêt seul!...
THIBAULT. — Je vous remercie, monsieur, mais ma fatigue est immense et...
GUTLIEB. — Ecoutez-moi ! B.att^3i)s-n,ou»
demain 1... Vous me blesserez!... eniin, vou» me toucherez...
THIBAULT, très net, — Non, monsieur !
GUTLIEB. — C'est lamentable... C'est insensé !
THIBAULT. — Peut-être! Revenons à...
GUTLIEB. — Même à son favori, le monde ne pardonnera jamais, cette... pirouette!...
Vous entendez ? Jamais !
THIBAULT. — Tant pis !
GUTLIEB. — • Il VOUS plaît douc, votre exi«tance durant, de traîner la honte, de...
THIBAULT. — Oui!... Je m'en moque
GUTLIEB. — ■ Quel homme se moque du jugement des hommes !
THIBAULT. — • Celui-ci.
GUTLIEB. — Mais non!
THIBAULT. — Je vous assuTc!... San»
doute, difïéroiis-nous...
GUTLIEB. — • Nonî... Vous verrez!
THIBAULT. — Erreur ! Je ne verrdi ni n'entendrai!... Dans la retraite que je me-' dite, la parole humaine ne parviendra pas ; jusqu'à moi.
GUTLIEB. — Vous méditez une retraite?...
THIBAULT. — Soyez le premier à savoir'!
Je pense entrer en religion. v
GUTLIEB. — Quoi?
THIBAULT. — Oui... me fair.0 ordonuér^
le plus vite qu'il se pourra et me retirer
au couvent.
GUTLIEB, violemment . — Au couvent?...
A.h! non, par exemple !... ^ *
THIBAULT. Non?
GUTLIEB. — Non, Hiibault!... Je ne veux pas! Cette fois, je ne veux pnsit \
THIBAULT, ironique. — iJonsieur. -je vous en prie... ; ,
GUTLIEB. — Tous Ics sourîres-, tous les' :
dédains, je les essuierai ! Maïs îe ne veux pas!... Non, je ne veux pas!... La. xïi^ de ; ma vie, le fils que j'aime m-aîgré lui^ ijai a
"^Hê
iSB
i(^Si?iœ v^wvs. isére^> «iaa. «a apacès votre
i:$/My-^-' .immh\si3S, — .A- ufuerteiUe !.... Vu charitr^ibL dm latt trappiste, enfin...
GWTiiU&B- -— N^a pas!... Mais un être pluss.
'•en déroute %u'à cette heure même... Un déjroqué!
' THiBAtJLT. — Qu'osez- vous dire?
GtTTLiEB, — Je prédis que, si vous menez ;au bout votre beau dessein, dans les douze . mois; vous tomberez à Fhorrcur de porter la , Tobe!
THIBAULT. — Insanité!... Monsieur^ je mourrai dans le cloître de mon choix.
GUTi^iEB. — Avant de mourir, il s'agira d'y vivre! Jour après jour, de vous éveiller à la vie monacale ! Soir après soir, de vous blottir ^><iane un cercueil! De ne plus connaître qu'un ïwrizon. : les blancheurs d'une cellule; qu'un .sourire : le rictus de la tête de mort; qu'un .ennemi à vaincre : votre chair en révolte; — qu'un avenir : le même lendemain et puis le même, et puis le même, et encore le même!
Mt cela;, de bonne foi, vous l'acceptez ?
THIBAULT. Oui !
GUTLIEB. — Vous acceptoz ce long suicide ?
THIBAULT. — Je l'appelle !
GUTLIEB, rude. — Ce n'est pas vrai!... J'ai eu de vous la curiosité passionnée, maladive.. . Et je me flatte de vous connaître!... Vous n'êtes pas de cette pauvre pâte! Mais c'est votre épouvante, les résignations, les mortifications, les stagnations!... Vous êtes né pour bouger, pour lutter^ pour monter, pour exiger, pour vous accroître! Vous êtes ne pour yivre !
THIBAULT. — Assez, monsicur Gutlieb!
Vous, prêteriez à rire!... Ce n'est pas mon âme, c'est la vôtre, c'est votre appétit, c'est votre frénésie, c'est vous-même que vous étalez !
gutlieb: — Et si vous êtes à mon image?...
THIBAULT. — Oh! oh!...
' GUTLIEB. — Pourquoi, après tout, ne Tessembleriez-vous pas à l'homme dont vous ' isortez ?
' THIBAULT, durement. — Renoncez à oeoi !'... J^ai conscience de moi et que j'échappe à cette hérédité!
GUTLIEB. — ^ En êtee-vous afûr?
l!MhmlïU.. TvL e& Juif «it'tu^^es jgiçr '^i^t;Vj: ^ ■ ;
nièa v^rdôî Vous, afauséa,, à K ÔmL-r \ !^^ V^) 3f> e^mi^im. — Oh ! je lië tâehe jtfwa à v««i" V !
offenser! Loin de là!... J'ai vu comine^.TSi»»gJ;,
émergiez de votre caste et cette s^r^éri^it» ^ '•;
fit ma certitude! • T ' ^ ^
XHIBAULX. — Inutile!..-. J« ne danne. pàb 'fV
dan& G© piège... Vous n» nue séparerez gaà '
des compagnons de ma vie! J^e^ les aime p(^3J: ■;
de beaux sentiments que votre eajèce ;n«oÊ-^;
fre .jamais. Les nobles sont nobies^ mansie.ux* \.
Gutlieb! ^ - ■
GUTLIEB. C'est
puis, ça m'est ^frall.
mots, ça
Mai-s d'autres ^en-^
tilshommes se sont essayés à. l'antie^îui- ;■ tisme..- Quels lamentables écheqsl. 'ïaudi^. ,} que vous étiez en route, vous, et sans Faccident qui survient... hum!... hum.!..,. .
hum!... Oui, pour persuader à. ttente-huitraillions de chrétiens que la présence, parmi. ; eux, do soix:ante mille juifs conslituajt uû/.; ■ péri! national, pour annoncer cette parole , incroyable, il fallait la force et la passion ;, d'un juif!... D'ailleurs, les apôtres, de tout../ temps, nous nous sommes chargés de les fournir !... , ",\
THIBAULT. — Je ne réponds plus!
GUTLIEB. — Et que répondriez- vous?
Un temps.
THIBAULT, avec emportement, avec *doiP- ■ leur. — Eh bien, non! Malgré vos habiletés, je crie : non! Tout comme vous, je suis seîl- ' sible aux distances qui séparent les êtres, et . le son de votre voix, un certain éclat de vos, veux, râpreté de votre attitude suffisent à me rassurer... Il me suffit de vous voir et de vous entendre pour que je secoue le cauchemar de cet atavisme!... Non, je ne suig pas U21 Gutlieb! Je ne suis pas un juif! ' '
GUTLIEB. — Expliquez alors...
THIBAULT. — Et, du reste, à quoi prétendez-vous en moi? Quels seraient vos miserai^ blés dons? One vague facilité de parole, un petit art de discussion, un petit esprit dô.
politique? Eh bien, soit, soit!... Ce- clîn-'. quant, cette friperie, le les tiens du Jis|SsiftM. infâme de ma provenance!:.. C'e^t ,#tfeâ^'; du!... Aussi bien, reprenez le toutî/%jJ^iîa,,/' ici, le serment de ne me HeTvh.^ ^î^f-.jii- ';^ mais, de ces sordides, avantai^ee:^ SJfKjlV!^ profondeurs de moi-mênie, moî^ >éiilifip4s, . tout ce que je ne peux, ni ne veu^'vfeas rér
1 ■'^i?;.^Âf .■■... -'V-'-""%
^rat
^^^^■''"f'fb!^^
I télét,; ëi^a |iiï^ «n ^utfé iignàg^, le oïier,
\te ^fe>^ v<yqk înt©^^ de ni^!;,.: Mïulgré
; Voé i^ât/iéè^i^atibns^ vous ignbrez tout dé ma
; rio seprète ! . . t (Fitneiisemeiit .') Enfin, ' est-ce '
imi; i^^ de forée,
j >ontre votre bande, contre votre cliqua?
î GùTLiBB. — Parfaitement I
; THIBAULT. * — Quoi ?
. GUTLIEB. — Oui!... J'affirme qu'un puissant instinct "sémitique a fait l'antisémite -que voilà! J'affirme que vous vous êtes jeté dans l'antisémitisme, non par haine pro- ' : foQide. du juif j mais bien par une divination juive, par une ambition juive, de la cause ! éclatante...,
THIBAULT, indigné. — Ohl GÙTLiEB. — De la cause bruyante, de la fcause qui sonne, qui donne, qui rend...
: THIBAULT, — Infamie!
GUTLiEB. — Et de la cause, surtout, qui lève, qui enlève, qui met sur un pavois, qu^' ' met en vue, bien en vue, immensément en ' vu^I
THIBAULT. — Mais VOUS mentez!
' GUTLIEB. — Eh bien, ne mens pas, toi!...
Evoque une réunion publique ! Ton discours •' vient de finir, devant l'estrade roule le ton- - nerre des acclamations... Allons, Thibault, la vérité ! N'es-tu pas de toutes tes fibres, de .toutes tes cellules, de tout ton être, à l'ivresse, à l'unique ivresse de t' exhiber et de ' réussir?..^ Allons!...
THIBAULT, quelque peu démonté. — Sans doute, ai-je soif de bruit comme... comme beaucoup d'hommes!... Sans doute!... Mais je n'ai pas voulu que cette basse satisfaction!... Non... J'ai... d'abord, j'rai servi Dieu!...
GUTLIEB. — Vous avez servi Dieu?..c .Bah!...' Dieu vous a servi! oui!... Vous avez Hiréde Dieu tout le profit imaginable!
"" • . THIBAULT. — Malhsureux!
! GUTLIEB. — Ce mot magique a tout em- .belli, tout magnifié, tout sanctifié... Il vous ' a, tout facilité!...
THIBAULT. — Malheureux! malheureux!
gutLieb. — D'oii part cette indignation?... puisque vous ne croyez pas!
: ,, , TB^IBAULT, violemment. — Je crois! ^ r ^.€^'!!^î:^b. — Mais non! Et vous n'avez ja- ' Ii3«^;/'"^içrul..* Interrogez-vous sincèrement,
; - '-'^rwSii^iTi: frappant du pied. — Je crois!
àiÉ^inB. ' --^ Quand, alors, fîtes-vous acte
de. cvmwd%^:- ' ^ .
' :^Gua!i;iEB. \-— ^;-Xi^Jî.!v.;^viié't-%^:-^ ■viM^u'Ù^iÉà cela . ; . Qu'a.nd "âitesç-vous services, dont vOfus services ? . . .' Un vrai désintéressé?... (U^të mi pause.) Dites!... (lihtbçmU fait enten^r^' une sourde imprécation et montre le poing^ à Gutlieh.) Vilain, cq gesté-là!... Jô défenél^ ici mieux que mon existence!... J'ai pleuré mon fils oonime on ne pleure pas les mOrts, et ce Dieu, dont j'ai tant souffert, me le prendrait une seconde fois, plus cruêller ment!... Considérez!...
THIBAULT, qui se surmonte^ qui se mate, — Oui... iJJne pause.) Monsieur, parlons posément!... Que vais-je devenir?
GUTLIEB. — Comment?
THIBAULT, ires calme. — Oui, à présent^ que vais-je devenir?* Tout à l'heure, un prêtre, divinement, m'ouvrait le doître...
Mais vous avez paru, vous avez prononcé quelques mots... des mots clairvoyants, précis, directs... des mots qui, tout de suite, , font leur chemin en moi, et voici que le re^ fuge proposé est en ruine!
GUTLIEB. — Je m'en réjouis!... C'était là un parti abominable!
THIBAULT. — C'était un parti ! et qui me rendait une provisoire confiance, quelque force... A la place, que m'olïrez-vous ?**
GUTLIEB. — Mais, Thibault, vous êtes un grand! Vous serez ce qu'il vous plaira...
Vous serez le plus bel orateur de ce pays, ou un de ses ambassadeurs... ou son mécène... ou...
THIBAULT. — Pardon, pardon!... J'aperçois une difficulté ! Sous quel nom exercerais-je?
GUTLIEB. — Sous quel nom?
THIBAULT. — Oui!... GutHcb ?
GrTLiEB. — Vous vous moquez !*** [THIBAULT. — Pourquoi? Grâce à votre pouvoir de démontrer, je sais, maintenant, comme je relève de ma naissance, de la race paternelle et...
GUTLIEB. — Ne vous eutêtcz pas dans c© paradoxe !]
THIBAULT. — Alors, votro conseil? Poursuivre flegmatiquement une existence juive et, lorsque s'éteindra le duc de Croucy usurper son titre et m''en prévaloir?
*A la représentation, couper jusqu'à l'astérisque suivant.
* * A la représentation, reprendre ici.
*** A :a représentaion, couper la partie entre f T
% î ^''trv.^J^
Agnès. — Mon