‹ Le deuxième centenaire [microforme]Chapitre 21 sur 151 · INTRODUCTION. XXII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXII

des trafiquants les vendre au démon pour quelques peaux de bêtes.

Lorsqu’en plein dix-neuvième siècle on a même obtenu en quelques endroits sur ce continent la prohibition absolue de la manufacture et de l'importation des liqueurs fortes, lorsque dans notre pays on ne cesse de la demander à grands cris, l’on peut, il nous semble, pardonner à ceux qui en demandaient autant pour les pauvres enfants de la forêt, doués à peine de ce libre arbitre que notre orgueilleuse civilisation semble si désireuse d’abdiquer. Mais le mal ne se bornait pas aux sauvages ; il était dans sa nature de remonter de lui-même vers sa source. Beaucoup de traitants menaient une vie misérable que terminait une mort plus misérable encore. Le manuscrit sur l'Histoire de l’eau-de-vie en Canada |!) en cite un grand nombre d'exemples entr'autres, celui de six trafiquants qui peu de temps après une affreuse et publique débauche à Cataracoui, périrent de diverses manières ; mais tous de mort violente. La traite et les coureurs : de bois enlevaient à la colonie la fleur de sa jeunesse, les enfants des nobles et des seigneurs comme ceux des censitaires ; les bras manquaient à l’industrie et à l’agriculture et du train dont on y allait, suivant la réflexion de plusieurs contemporains, bien loin de

() Collection de mémoires publiée par la Soc. Litt. et Hist. de Québec.—Québec 1840. Cowan et fils.

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