XXIV INTRODUCTION
rendre les sauvages français et chrétiens, c'était [es français qui allaient devenir sauvages et païens.
Si la lutte vigoureuse que Monseigneur de Laval soutint contre les gouverneurs qui se succédèrent pendant sa longue carrière épiscopale, ne put extirper le mal aussi complétemeut qu’il le désirait, elle servit du moins à le diminuer et l'empêcha de détruire la colonie. On ne saurait mer tout ce que M. de Frontenac fit pour l’affermissement de la puissance française et l’on peut dire qu'après sa seconde administration, grâce à ses expéditions contre les Iroquois, à sa campagne contre la Nouvelle-Angleterre, aux exploits d’Iberville à Terreneuve et à la Baie d'Hudson, à la belle défense de Québec contre l'amiral Phipps, au prestige que le gouverneur savait exercer sur les populations, la Nouvelle-France était, pour bien dire, une seconde fois fondée et la nationalité française en Amérique établie de manière à pouvoir plus tard résister même aux effets de la conquête, vivre de sa vie propre et se développer au point où elle en est aujourd'hui. Aussi ces deux hommes malgré les conflits d'autorité ettout en se querellant, ou si l’oi: veut en se faisant contrepoids, s’aidaient l’un l’autre et ils étaient complétés par un troisième, le célèbre intendant Talon.
L'homme d’église, l’homme d’épée et l’homme de loi se rencontrèrent à un moment de leur vie et ce