‹ Le deuxième mystère de l'incarnationChapitre 12 sur 21 · PRÉFACE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XVII

comme une évidence. Il découvrit d'un regard sa propre personne^ comme un amoureux qui se réveille^ découvre en ouvrant les yeux queson cœur est pris et que c^ est pour toujours. Il vit la terre de ses aïeux y les gorges sauvages, Vondoiement des feuilles des antiques chênes, T inépuisable abîme du ciel d'où ruissellent les fécondations du soleil et des pluies, les fermes éparses, les gens et les bêtes le long des chemins , et il s'écria : « Mes paysans I » comme VEnà de Virgile dut s'écrier : « Mon Italie ! », lorsque la ligne basse de la côte se dessina sur Vhori^, Cette œuvre à exécuter, le compagnon du Parnasse en avait enfin la matière, il la tenait, il tenait sa vie ! Il allait écrire, non plus des impressions apprises ou imaginées, mais celles de son efifance et celles de sa race, V élève de Baudelaire se retrouvait le fils des ouvriers du sol. Le. raffiné cédait la place au rustique,.. « Les sèves vivifiantes de cette généreuse nourrice, au sein de laquelle il était venu chercher non-seulement une consolation, mais un refuge, étaient entrées en lui, vertes et chaudes, et, par elles retrempé, voici que, doué d'une vitalité nouvelle, il ressentait déjà V impérieux besoin de se ruer en plein

Page 1