PREFACE VU
huitième siècle et de Ventrée du dix-neuviime eurent pour conséquence immédiate d'apprendre aux Français qu'il existait une Europe, tout un monde de poésie, à eux inconnu^ monde foisonnant de chefs-d'œuvre^ forêt enchantée et fatidique où grandissaient des fleurs admirables. Les disciples de Voltaire soupçonnaient bien^ sur la foi du maître^ quelque chose de cet enchantement et de cette floraison. Mais comment eussent-ils devinéy à travers les réserves de V auteur de Zaïre, la sublimité créatrice de V auteur J^Othello ? Ce fut donc une révélation enivrante. Pêle-mêle^ et sans discernement^ Shakespeare et ^yron^ Gœthe et Hoffmann, combien d'autres encore? furent découverts et compris y goûtés et copiés. Le Nord et sa sauvagerie rêveuse^ le Midi et ses brillantes passions ^ l'Orient et son mystérieux lointain, ensorcelèrent à la fois l'imagination des poètes et des conteur s. Mais il est à noter que dans cette découverte des génies étrangers, l'art romantique s'arrêta aux détails extérieurs plutôt qu'il ne pénétra l'essence de cet univers nouveau. L'exotisme, pour Victor Hugo y pour Alfred de Musset , pour Théophile Gautier y fut un prétexte à décors pittoresques y à inventions curieuses de