VIII PRÉFACE
style, à rajeunissements des anciennes images , et rien de plus. Les néo-romantiques du Parnasse osèrent davantage. Ils s'enfoncèrent dans les littératures étrangères avec une sympathie plus profonde. Les élèves de Chateaubriand avaient recherché dans ces littératures les portions que la tradition française pouvait s'assimiler. Les adeptes du Parnasse recherchèrent précisément ce qui se distinguait le plus de cette tradition. Dans l'esthétique du Nord, ils allèrent tout de suite jusquà Edgar Poe, dans celle du Midi, jusqu^à l'Inde. A travers les incertitudes de leurs tentatives^ ils aperçurent obscurément une vérité^ ignorée des romantiques : à savoir que les œuvres d'art sont des symboles et que dans leur arrière-fond se manifeste une Ame spéciale, une manière dégoûter la Vie, irréductible à une autre. Ils devinèrent qu'il existe une Ame germanique et une Ame orientale, et c'est le frisson de l'une et Vautre de ces Ames devant le mystère de la nature, qu'ils essayèrent de faire passer dans leurs phrases. Ils comprirent bien qu'il y a dans Edgar Poe, par exemple et sous les artifices apparents de ses récits, un idéalisme prodigieux. Ils souhaitèrent d'acclimater cet idéalisme