PREFACE
vain qui composait cette hiT^arre nouvelle subissait^ en ces années de débuts l'influence directe d'un des initiateurs du Parnasse^ de ce poète si profondément germanique par naissance et par éducation, qui fut Baudelaire. Ce traducteur d'Edgar Poe et de Thomas de Quincey^ possédait comme un charme fascinateur, où entrait avec le prestige du plus rare talent celui d'une singulière assurance de doctrine. Cette assurance, fondée sur des réflexions profondes et sur une probité intellectuelle qui n^ a jamais transigé ^ faisait de lui non-seulement un maître, mais Le Maître pour les jeunes écrivains dont il daignait s'occuper. M. Léon Cladel devint donc un disciple de Baudelaire^ commeplusieurs autres de ses confrères d'alors etd^aujourd*hui,à l'âge ambigu où il allait se cherchant un Credo d'esthétique à travers les tentatives douloureuses du premier apprentissage. Et quel enseignement y combien fécond en rudes labeurs, en subtiles complications y en délicats scrupules y que celui du poète des Fleurs du Mal ! M. Cladel a raconté dans une nouvelle quil a intitulée Dux, le détail d'une de ces séances d'atelier, pendant lesquelles le sublime rhéteur, comme il appelle très finement Baudelaire, se dé-