‹ Le développement de l'Afrique; traduit de l'anglais sur la 2e édChapitre 12 sur 33 · partie de l'Afiique étant située entre les tropicjues, la · texte numérisé non relu

partie de l'Afiique étant située entre les tropicjues, la

[ipéraiure movcnne annuelle de la température est forcément

très élevée. Depuis le tropique du Cancer, en se diri-

(') Les données concernant la température et la pression atmosphérique sont dues en grande partie aux cartes monumentales du monde de .M. Alexandn; Ruchan, accompagnant le volume du ('h(tUi)Ujcr sur ce sujet. Ces caries sont les plus récentes et les mieux laites «pie nous possédions. Elles ne donnent pas les temi)ératures réelles naturellement, mais les températures réduites au niveau de la mer. Quant aux autres, nous nous en occuperons à part d'après les cartes de M. I{a\rnsl.in. iV). III.)

goaiit vers le sud jiis(|ir;iii ll«'iive Orange, et exceptant seiiltMnenl le rivage de rout'sl et une petite paili<" de la cote sud est, (jui sont raJVaîcliies |)ar le v()isin;»ge de l'océan, toute cette zone a une lenipéralure annuelle moyenne de 80" Fahrenheit ('). Ui\c zone inltTicuic enrerniée dans celle- ci atteint une température moyenne de Ho^. Au noid, le Sahara et le désert de IJhye sont sitnt'S dan!^ une zone de lem[)érature moyenne de 70 à 80 Fahrenheil; vers le sud, le long de la cote occidentale, dans la région du haut plateau do rAtVi(jue méridionale, nous trouvons une zone de teniftérature moyenne correspondante. Le littoral de la Mé'dilerianée, la côte sud-ouest et la partie la plus méridionale de la colonie du Cap jouissent de la température annuelle moyenne du sud de TKurope, c'està-dire 1)0" à 70° Fahrenheit.

Etant données ces zones de températures annuelles moyennes, il ne sera pas sans intérêt d'établir la comparaison entre les températures moyennes des deux mois extrêmes, février et août, époques où les similitudes et les alternements des saisons entre les deux hémisphères nord et sud se font le mieux sentir. En février, l'hiver de l'hémisphère nord et l'été de l'hémisphère sud, la zone de 80° P'ahrenheit est située

f) Pour ohk-nir la rtMliiclion du llii'rinouirtrt' Falirt-nliLMl eu degrés cen(i{;rad<'s, il faut savoir que le 0 Kahrenheil rorrespoiul à 18" de froid centigrade, et que le 32" F'ahrenlieit correspond environ à 0 centigrade. Il est facile de transformer les degrés de l'un en degrés de l'autre, ainsi : 80» Fahrenheil ^= 27° centigrades. 68^ — = 20" — 59° — = l.V — .le. Pour sinqdifier l'opération, on peut se servir d'un thermomètre de ronqiaraison. '\ote (les traducteurs.)

surtout au sud et à l'ouest, tandis que l'étendue de la zone de 85" s'est considérablement augmentée et renferme deux larges aires d'une température qui s'élève à 90" Fahrenheit. Ces deux aires sont situées, l'une, la plus petite, au nord de l'équateur, dans la contrée des sources du haut Nil; l'autre, au sud de l'équateur, dans la région du haut plateau, entre le lacTanganyika et le fleuve Orange. La zone de 70° à 80° Fahrenheit comprend une partie de la côte occidentale et la côte méridionale de la colonie du Cap dans l'hémisphère sud; tandis que dans riiomisphère nord, des régions sahariennes ofl'rent une température moyenne de GO" à 80" Fahrenheit. Les bords de la Méditerranée ont cepend int une température moyenne de 50° à 60° Fahrenheit.

Nous trouvons naturellement à peu près la contrepartie de ces conditions en août, quand l'hémisphère nord jouit de la saison d'été. Alors la zone de SO*' Fahrenheit, bien que prédominant jusqu'au lac Nyassa, atteint les rives de la Méditerranée et ne laisse qu'une portion du nord-ouest de l'Afrique sous une température (relativement) fraîche de 70" à 80" Fahrenheit. Dans cette zone de 80" Fahrenheit, nous trouvons an nord de l'équateur des zones intermédiaires de 80" à 99° et même de 95°, leurs axes slî trouvant dans une brusque direction nord-ouest-sud-est. La zone la plus reculée, de 95°, est située au cœur même du Sahara. Au sud de la ligne isothermale de 80", se trouvent des zones de 70', 60° et 55" s'étendant jus(ju'au Cap.

Toutes ces lignes isoth<Minales, comprenant les zones citées plus haut, s'abaissent naturellement de

plus en plus en se rapprocliaul de l'océan, et, de celle faron, (lélerniinent appidxiinativement la < <unl)m«* des eûtes.

Jusqu'ici, nous ne nous sommes occupé (|ue des températures ramenées au niveau de la mci-. Mais la carte de iM. Kavenstein, destinée à ce chapitre, oiïriia au lecteur une idée plus exacte de ce sujet aride, en ce (juVIle mentionne seulement la moyenne de la tem- [)éralure rcellc de l'année. On verra, d'après cela, combien, dans celle Afrique tropicale, peu de régions peuvent être favorables aux Européens. Une température annuelle moyenne de 72" à 80" Fahrenheit domine presque partout, et dans la zone de la côte oiientale cette moyenne s'élève jusqu'à 80" et au-dessus. Ce n'est que dans les régions très hautes que nous trouvons des températures de 64° à 7:2° Fahrenheit. Mais quand nous entrons dans les régions plus tempérées du nord et du sud, nous y trouvons des températures (au-dessous de Ci) qui peuvent convenir aux Européens. Il est certain que la température n'est p;is tout, cela se trouve très diversement modifié par les conditions locales et surtout par l'humidité de l'atmosphère.

Nous appellerons particulièrement l'attention du lecteur sui- notre carte (PI. IV), ex[)liquanl le cours de la température moyenne annuelle, ou la différence entre les mois les plus froids et les mois les plus chauds de l'année. Cette différence est très légère en Afrique et ne se trouve même pas éijuilibrée par les variations (piotidiennes autant qu'il le faudrait pour la santé des Européens.

Le soleil, qui est la source de la vie dans tout l'uni-

vers, est la principale cause des mouvements de l'atmosphère. Si son action bienfaisante venait à cesser tout d'un coup, ce serait la stagnation et la mort. Dans sa marche apparente entre les tropiques, le soleil donne lieu à ces variations de pression atmosphérique que l'on désigne en météorologie comme des aires de basse et de haute pression ('). Mais la distribution de la pression atmosphérique est déterminée plus loin par la distribution géographique de la terre et de l'eau. De là proviennent les phénomènes qui déterminent les variations climatériques.

Sans vouloir démontrer le liavail pour ainsi dire mécanique, je veux exposer simplement les résultats de ce travail. De la diversité dans la répartition des

(') Les aires de basse pression suivent approxiinativemenl la marche du soleil, mais sont déterminées ensuite par les grandes masses de terre, et cela pour les raisons suivantes : Dans les mois d'été, sous les mêmes latitudes, la terre est plus chaude que l'océan; par suite, la pression est plus hasse à cause de la montée des courants chauds emportant avec eux une j)ortion de l'atmosphère qui se trouve remplacée par un air relativement plus froid et par conséquent plus lourd. De même, sous les latitudes plus hautes, la température en hiver est plus élevée sur l'océan que sur la terre, la montée des courants d'air commence de là, et la pression est plus hasse.

Ces phénomènes physicpies sont simplement intervertis dans les aires de hante pression. Dans les mois d'hiver, la température est plus basse sur la terre que sur l'océan sous les mêmes latitudes, par conséquent, l'air y est plus dense ou plus lourd, et la i)ression est haute; nous en |)ouvons conclure que la pression est plus haute sur tous les continents pendant les mois d'hiver.

11 est essentiel, en outre, de se bien rappeler que sur les côtes orientales de tous les grands océans, entre les latitudes d'environ 20" à -iO" au nord et au sud, la pression est haute dans toutes les saisons, mais plus haute dans les ipois d'été de chacun de ces océans.

Nous faisons «es reuiarcpies alin d'aider de notre mieux nos h-eteurs à comprendre les phénomènes météorologiipies auxcpu-ls lutiis avons alTaire.

pressions alinosplit'ricjiu's, dépendent les venls prédomiiianls, ou, suivant l'explication très claire du IV liuclian : « le (lux de l'air dune rt'^ion de haute pression vers une réj^ion de pression plus basse, c'està-dire d'une réi^ion où il y a un surplus vers une région où il y a un inauquc d'air. »

L'espace nous manipie ici pour jeter même un simple coup d'(eil sur les plu-nomènes quotidiens dont les hiises de terre et de mer ollrent les exemples les plus remaiijuables. Nous ne savons à peu jucs rien des vents prédominants de rintérieui* de rAfritjue, et ce n'est (jue très approximativement que nous pouvons en parler pour les autres parties du continent, excepté peut-être pour rAlgérie, le sud de TAfiique et les réa;ions de la mer Rouvre.

Si l'on étudie les vents prédominants de l'Afrique, ceu\ dont l'influence est le plus à considérer sont les vents alizés, qui, bien que réglant leur marche sur le cours apparent du soleil, soutïlent plus ou moins constamment du nord-est dans l'hémisphère nord et du sud-est dans l'hémisphère sud. La région intermédiaire est une ceinture de calme. Dans l'hémisphère sud, les vents alizés du sud-est prédominent assez régulièrement sur les côtes de l'ouest et du sud-est; mais dans l'hémisphère nord, les vents alizés du nordest s'en vont constamment sur les rives de l'océan Atlantique.

Dans les régions au nord de l'équateur, sur les côtes de l'ouest et de Test, on a les vents moussons. Sur la côte occidentale, les moussons du sud-ouest suufllent pendant toute l'année, dans le golfe de Guinée comme

vents prédominants, bien que cette région soit relativement calme. Sur la côte orientale, rintluence des moussons se trouve affaiblie par le voisinage de l'énorme niasse de l'Asie. Ces vents soufflent plus ou moins dans l'Asie méridionale du sud-ouest au sud-est d'avril en octobre, et du nord-est pendant les autres mois de l'année, leur influence se fait sentir sur toute la grande pointe de l'Afrique, aussi bien qu'au-dessus des côtes. Le long de la mer Rouge, le vent est presque toujours du nord et, sur le littoral de la Méditerranée, les vents varient entre sud-ouest, nord-ouest et sud-est pendant toute Tannée.

Quant à l'action probable que ces vents peuvent exercer dans l'intérieur, étant donné l'état imparfait de nos connaissances actuelles, on ne pourra la déterminer que très approximativement par un examen soigneux des cartes isobariques établissant la pression atmosphérique et, par conséquent, les vents prédominants mois par mois. Cependant, d'après tout ce qui précède, nous en savons assez pour aborder l'étude de cette importante question de la pluie en Afrique (*).

Les plus fortes pluies sont dans les régions équatoliales. On y trouve de longues aires encloses où la pluie annuelle atteint 50 et 100 pouces f). Dans cette ceinture équatoriale, il y a même deux districts sur la côte occidentale qui reçoivent plus de 100 pouces de pluies annuelles. Les moussons du sud-ouest amènent do la légion calme du golfe de Guinée un excès d'Iiumidité qui, au contact de la fraîcheur des

{') Voir la tarlv;, pi. V, rjiii oxj)li(|iif ce sujet. (*) Le pouce anglais vaut U"'0l25l,

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plateaux entiers, se ivsoul on pluie; de seuiMaliles aires de ijjrandes pluies se trouvent dans la Sieira- Leone. Nous feions remarquer (|ue dans r<'xtrènie iKtrd-ouest de Madagascar on trouve des régions où les pluies annuelles atteignent la hauteur de U)0 [umces.

En dehors de cette zone ëquatoriale de pluie, nous trouvons au nord deux zones s'étendant jus<ju'au sud du Saiiara, où les pluies annuell(\s atteignent de 2o à 50 pouces dans l'une et de 10 à 25 dans Tautie. Au sud, nous trouvons <leux zones correspondant(\s, mais dont les axes, au lieu d'être dans une direction est et ouest, s'étendent dans une direction nord-nord-ouest et sud sud-ouest, décrivant une vaste courhe intérieure autour du désert de Kalahari, sur \\ eùte sudouest.

La plus grande portion du Sahara ne reçoit pas 5 pouces de pluie annuelle, de là son caractère de désert. Quant aux vents venant d'Europe et soufflant d'une région plus froide vers une région plus chaude, ils se trouvent par ce fait augmentés graduellement de puissance pour absorber et retenir dans leur trajet l'humidité, dont une bien faible partie seulement est abandonnée au sol brûlant et altéré du désert. D'autre paît, les montagnes de l'Atlas arrêtent les pluies, qui atteignent dans ces régions de 10 à 50 ponces pendant l'année. Dans les régions de transition, au nord et au sud du Sahara, comme dans les districts des montagnes, on trouve une hauteur de pluie annuelle de 5 à 10 pouces. fJeaueoup de ces mêmes conditions pi-édomincnt dans le désert de Kalahari, (r<iù cependant le vent souffle au dehors vers la mer.

Ainsi s'explique la situation des grands systèmes fluviaux : leurs sources sont toutes originaires des régions où les pluies annuelles sont les plus fortes.

Nous pourrons, par la suite, définir exactement les saisons de pluies. Les rives de la Méditerranée reçoivent leurs pluies dans les mois d'hiver; il en est de même de la côte méridionale de l'Afrique en dehors du tropique. Sur les bords du golfe de Guinée, où Ton trouve des pluies anormales, on a une double saison de pluie; cependant, ces mêmes conditions se retrouvent sur la côte d'Angola, au sud du Congo, où les pluies sont faibles. La pointe orientale de l'xVfrique, qui ne reçoit qu'une pluie légère, est sous Tinfluence des pluies apportées par les moussons, et cette influence se fait sentir au loin dans l'intérieur, entre la mer Rouge et la latitude de Souakim dans le nord, et jusqu'à Zanzibar dans le sud. Le Snhara et les déserts de Libye (excepté les régions montagneuses;, le Kalahari, une partie de la côte sud-ouest et d'autres petits districts de l'Afrique, sont des régions sans pluie. Quant au reste du continent, et ce qui en constitue la plus vaste portion, il n'a qu'une saison de pluie. Dans la zone intertropicale, les saisons de pluie varient suivant la position du soleil. On pourrait s'attendre, cependant, à trouver des pluies continuelles dans la ceinture de calme le long de l'équateur, l'air recevant et dégageant sur place les vapeurs d'eau qui, autrement, seraient emportées par le vent.

La limite équatoriale de la chute des neiges atteint les rives africaines de la Méditerranée dans l'hémisphère nord et les montagnes du Gap dans l'hémisphère

sud, tandis que dans les dislricls les plus élevés <Ie ces d»>iix reliions la iieii^c peut IoiuIm'i- dans le milieu de (■lia(|iie hiver. La neiji;e loiuhe également sur les uiontai^nes les plus élevées de r.Miiijue dès qu'elles déj»ass«'iil une certaine altitude, et cela niêiue à l'éjjualeur; mais cette limite verlii aie de la chute des neiges est pour nous trop incertaine pour nous y arrêter. Qu'il noussulïise de dire que les monts Kilima-.N'djaro, kénia,iiuNvenzori et probaldemenl aussi les monta<;nes (le l'Ahyssinie élèvent leurs cimes au delà de la limite des neiges perpétuelles.

De l'observation des conditions niétéorologi(jues, nous passons pai" une transition naturelle à la (]uestion des sols, dont l'action réllexe agit sur le climat. Quant à la distribution des sols (jui, au point de vue des établissements agricoles aussi bien que des établissements politiques, est d'une haute importance, on ne peut rien en dire de certain, nos données à cet égard étant des plus imparfaites et des plus limitées. Cependant, si l'on consulte notre carte géologique (PI. VI), on y trouvera indiqués à grands traits les terrains qui rentrent plus ou moins dans les grandes divisions géologiques.

Les roches archéennes, par exemple, présentent souvent des sols qui ne diffèrent pas de ceux des régions granitiques, c'est-à-dire là où l'inclinaison du terrain est considérable, le sol est maigre et sablonneux et, par conséquent, impropre à la culture. Mais dans les régions où prédominent les rochesarchéennes, on rencontre parfois des terres marnières qui, traitées dans des conditions spéciales, sont souvent fertiles.

Dans les roches appartenant à la grande division paléozoïque, on peut dire d'une manière générale que les sols qui s'y rencontrent plus particulièrement sont les sols argileux ou marniers, bien que beaucoup soient plus ou moins sablonneux. Quanta la fertilité des terres qui recouvrent ces roches, elle dépend beaucoup de la configuration du sol. Sur les pentes douces et les terrains légèrement ondulés, la couche de terre végétale est souvent très épaisse. Toutes les gradations dans le caractère du sol s'y rencontrent, depuis les sols sablonneux plus ou moins légers jusqu'aux sols très lourds, consistant surtout en glaise. La fertilité de tous ces sols est naturellement très développée par l'amas de matières organiques qu'ils peuvent arriver à s'approprier.

Les couches mésozoïques du centre et du sud de l'Afrique sont de nature plus spécialement sablonneuse, et les sols qu'elles présentent sur les pentes et sur les plateaux sont en quelque sorte légers, sans consistance. Dans le nord de l'Afrique, oii les dernières couches mésozoïques sont bien développées, la pierre à chaux et le grès calcaire sont assez abondants, et les terres qui les recouvrent, lorsque l'inclinaison du sol en permet une certaine épaisseur, sont généralement fertiles. En Abyssinie, de vastes surfaces sont occupées par des roches volcaniques que l'on pense appartenir à l'époque mésozoïque, et les sols formés par la désagrégation de ces roches sont presque invariablement fertiles. Malheureusement, en raison du relief de la contrée, les terres légères sont constamment balayées des plateaux et des terrains

dans les vallées des grandes rivières. Nous avons déjà observé comment l'Albara entraîne les sédiments (jui vont former le delta du Nil.

Les roches tertiaires se développent surtout le long des rives de la Méditerranée et se composent en grande partie de pierres à chaux et de couches calcaires. Dans des conditions dimatériques normales, les teires qui les recouvrent sont souvent très fertiles. Malheureusement, les contrées de rAfri(|ue où les couches tertiaires sont le plus développées se caractérisent par un climat excessivement sec, ce qui fait que d'innnenses surfaces sont désertes ; tandis que dans les endroits où l'eau est abondante, la richesse de la végétation indique la fertilité naturelle du sol, et il n'y a pas de doute que, si l'on pouvait cnq)loyer l'irrigation sur une vaste échelle, on défricherait de nombreuses et vastes régions qui, à une époque antérieure, semblent avoir été cultivées avec succès. D'immenses étendues dans le nord de l'Afrique se sont desséchées môme pendant les temps historiques. Des faits nombreux tendent à nous prouver qu'aux jours florissants de l'Egypte et de Cartilage, par exemple, le nord de l'Afrique était bien mieux arrosé qu'aujourd'hui, et comptait une bien plus nombreuse population; le sol bien irrigué donnait par cela même une meilleure culture.

Dans le nord de l'Afrique, les dépôts (juaternaires et récents consistent surtout en sables mouvants et en gravier qui se répandent dans le lit des rivières, dont certaines ont considérablement diminué de volume et d'autres complètement disparu; dans le centre et dans le sud de l'Afrique, ces dépôts sont représentés

par des amas d'alliivions des grandes rivières et de leurs tributaires.

Si l'on se place à un point de vue général, il est donc évident que les terrains les plus favorables à l'agriculture sont les vastes espaces qui bordent les lleuves et les rivières. Mais d'énormes étendues dans les aires paléozoïques et mésozoïques peuvent être fertilisées par la culture; de même que le déboisement bien compris pourrait convertir en riches pâturages de vastes et inutiles régions de plateaux. D'autre part, si les forêts qui, à l'époque des Romains et des Carthaginois, couvraient de larges districts du nord de l'Afrique pouvaient être en partie reconstituées de bons systèmes d'irrigation établis, il est certain que le sol de ces régions cesserait bientôt d'être stérile. L'inlluence des forêts sur l'action des pluies est d'empêcher l'absorption rapide de l'eau par le sol, de retenir les terres et d'entretenir une atmosphère généralement plus humide.

Avant d'abandonner cette question de la répartition des sols en Afrique et de leur fertilité, l'attention du lecteur sera particulièrement appelée sur les cartes destinées à ce chapitre et dont l'étude lui f;îcilitera l'intelligence des détails dans lesquels l'espace restreint ne nous permet pas d'entrer. D'ailleuis, pour donner au lecteur une idée approximative du sujet qui nous occupe, nous ajouterons que les régions agricoles les plus fertiles de l'Angleterre reçoivent de 25 à 58 [)ouoes de pluie annuelle.

La véi^^élalion de l'Afi ique doit naturellement être étudiée suivant les zones de latitude.

D'après le D' Beliiu, la surface do l'Afrijine peut se décomposer de la iiiaiiière suivante :

7A\. l j). c. sont occupés par les déserts; 14.0 p. c. — — les stoppes ;

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