XIV INTRODUCTION
personne. On se récrie seulement contre l'immensité de ces propriétés qui, concentrées dans les mains de ses premières familles, font d'un petit nombre d'hommes les maîtres du sol. Assurément, c'est là le côté faible d'un établissement politique d'ailleurs si parfait, et la France peut, sans excès d'orgueil, se flatter de l'emporter en ce point sur sa rivale. Mais le remède se présente à côté du mal, d'autant mieux que le mal n'a d'autre source qu'un excès du bien. Si les grands propriétaires sont arrivés en Angleterre à détenir ces immenses étendues du sol, c'est qu'ils ont été placés de bonne heure en face de petits possesseurs que le besoin de se défendre contrôla noblesse n'obligeait pas, comme il est arrivé en France, à se réunir en corporations inattaquables. Dotés tout d'abord de cette liberté étrangère à nos paysans, ils ne pensèrent pas avoir rien à redouter ; ils restèrent isolés, réduits chacun à leur force individuelle et à leurs ressources privées. 11 enrésultaque, les uns volontairement, pour rétablir une situation embarrassée, les autres par contrainte, incapables de résister à la pression ou à la violence, se laissèrent peu à peu envelopper, puis absorber complètement par leurs voisins plus richeset plus puissants. La liberté, venue plus tard, comme chez nous, les eût sauvés; prématurée, elle